Je veux fractionner l'échéance due de la soulte versée à mon ex conjoint mais elle refuse. que puis-je faire ?
Le paiement d'une soulte est une obligation qui naît généralement d'un partage (divorce ou succession). Par principe, sauf convention contraire ou décision du juge, la soulte est payable **comptant** au moment du partage.
Voici l'analyse stratégique de votre situation au regard du droit français.
### 1. Le cadre légal : Le principe de l'immédiateté
En droit français, le copartageant qui reçoit un bien d'une valeur supérieure à ses droits doit dédommager l'autre immédiatement.
* [L'article 1594-1 du Code civil](/articles/code-civil/1594-1) (mentionné dans vos sources) encadre les modalités de règlement lors de la liquidation du régime matrimonial.
* Si l'acte de partage ou le jugement de divorce ne prévoit pas de délais, votre ex-conjoint est en droit d'exiger le paiement intégral immédiat.
### 2. Le "Coup d'après" : Les risques en cas de refus persistant
Si vous ne payez pas et que vous n'obtenez pas d'accord, votre ex-conjoint dispose de plusieurs leviers :
* **Les intérêts de retard :** À défaut de paiement, la soulte produit des intérêts au taux légal à compter de la sommation de payer.
* **L'exécution forcée :** Muni du jugement ou de l'acte notarié (qui est un titre exécutoire), votre ex-conjoint peut mandater un commissaire de justice (huissier) pour procéder à des saisies (sur vos comptes bancaires ou vos salaires).
* **L'hypothèque légale :** Elle peut inscrire une hypothèque sur le bien que vous avez conservé pour garantir son paiement.
### 3. Vos recours stratégiques (La démarche "Go/No-Go")
#### Étape 1 : La demande de délais de grâce (La solution judiciaire)
Si l'accord amiable est impossible, vous pouvez solliciter le juge pour obtenir des délais de paiement.
Selon [l'article 1343-5 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1343-5+du+Code+civil), le juge peut, compte tenu de la situation du débiteur et des besoins du créancier, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues dans la limite de **deux ans**.
* **Le risque :** Le juge n'accorde ces délais que si vous prouvez votre bonne foi et votre capacité à régler la dette sur 24 mois. Si votre situation financière est trop dégradée, le juge refusera, estimant que le délai ne fera qu'aggraver la dette.
#### Étape 2 : L'argument de la "volonté d'exécuter"
Comme le souligne la jurisprudence récente ([Cour d'appel, 1ère chambre civile, 21/01/2026, n° 22/04191](/decisions/6972650ecdc6046d47513faf)), le fait de manifester une volonté claire d'exécuter la décision (par exemple en versant déjà une partie de la somme ou en justifiant de démarches de prêt) est essentiel pour éviter des sanctions procédurales lourdes.
### 4. La preuve à constituer (La charge de la preuve)
Pour convaincre un juge de vous accorder un fractionnement contre l'avis de votre ex-conjoint, vous devez impérativement réunir :
1. **La preuve de vos revenus et charges** (bulletins de salaire, avis d'imposition).
2. **La preuve d'un refus de prêt bancaire** (si vous avez tenté de financer la soulte par un crédit).
3. **La preuve de votre bonne foi** (copie des mails ou courriers proposant un échéancier amiable à votre ex-conjoint).
**Conseil pragmatique :** Avant de saisir le juge, tentez une dernière mise en demeure par avocat ou une médiation. Proposez un échéancier incluant le versement d'un intérêt (même faible) pour compenser l'attente de votre ex-conjoint. Cela est souvent plus efficace qu'une procédure judiciaire longue et coûteuse.
Si vous le souhaitez, je peux rédiger un modèle de proposition d'échelonnement formelle à envoyer à votre ex-conjoint ou à son avocat pour tenter de débloquer la situation à l'amiable.
⚖️
Sources officielles Légifrance
📄 Article 1594-1 du Code civil
Cet article du Code civil est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
📄 Article 1594-2 du Code civil
Cet article du Code civil est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
📄 Article 1594-3 du Code civil
Cet article du Code civil est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
MOTIFS Mme [C] soutient qu'un commandement de payer valant saisie-immobilière lui a été signifié par exploit du 22 janvier 2024. Elle justifie par la production du décompte actualisé du commissaire de justice et du chèque soldant ledit décompte de la complète exécution des causes du jugement entrepris à la date du 27 février 2024. Il s'agit d'une diligence ayant interrompu le délai de péremption de l'instance puisqu'elle a manifesté de manière non équivoque sa volonté d'exécuter la décision crit...
?
je précise qu'il s'agit d'un divorce par consentement mutuel, avec acte notarié. la soulte est réglée en rente sur plusieurs années, quels sont mes recours pour échelonner les échéances déjà fixées?
Dès lors que la soulte et ses modalités de paiement (rente sur plusieurs années) sont fixées dans une **convention de divorce par consentement mutuel contresignée par avocats et déposée au rang des minutes d'un notaire**, cet acte a force exécutoire.
Cependant, un échéancier déjà fixé n'est pas immuable si votre situation financière a radicalement changé. Voici vos options stratégiques :
### 1. La révision amiable (Avenant à la convention)
Puisqu'il s'agit d'un divorce contractuel, la modification la plus simple est de rédiger un **avenant à la convention de divorce**.
* **Procédure :** Vous devez repasser par vos avocats respectifs pour rédiger un acte constatant le nouvel accord sur le fractionnement.
* **L'obstacle :** Si votre ex-conjoint refuse, cette voie est bloquée car le notaire ne peut pas modifier seul un acte qui fait la loi entre les parties ([Article 1103 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1103+du+Code+civil)).
### 2. Le recours judiciaire : La demande de délais de grâce
En cas de refus persistant de votre ex-conjoint, votre seul recours est de saisir le **Juge de l'exécution (JEX)** ou le Tribunal Judiciaire pour demander des délais de grâce sur le fondement de [l'article 1343-5 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1343-5+du+Code+civil).
* **Le pouvoir du juge :** Le juge peut reporter ou échelonner le paiement des échéances de la rente sur une durée maximale de **2 ans**.
* **La condition de succès :** Vous devez démontrer un **élément imprévu et sérieux** survenu depuis la signature du divorce (perte d'emploi, maladie, baisse brutale de revenus). Le juge arbitrera entre vos difficultés et les besoins de votre ex-conjoint (créancier).
* **Effet suspensif :** La saisine du juge peut suspendre les procédures de saisie si votre ex-conjoint avait déjà mandaté un commissaire de justice.
### 3. Le risque du "Coup d'après" : La déchéance du terme
Attention : la plupart des actes notariés de divorce prévoient une clause de **déchéance du terme**.
* **Le principe :** Si vous ne payez pas une seule échéance à la date prévue, la totalité de la soulte restant due devient immédiatement exigible.
* **Conséquence :** Votre ex-conjoint pourrait alors tenter de saisir le bien immobilier ou vos comptes pour la totalité du capital restant, et non plus seulement pour la mensualité en retard.
### 4. Stratégie et Charge de la preuve
Pour obtenir gain de cause devant un juge face à un acte notarié qui "fait foi" ([Article 1371 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1371+du+Code+civil)), vous devez constituer un dossier solide :
* **Justificatifs de ressources :** Bulletins de paie actuels comparés à ceux de l'époque du divorce.
* **Tableau de surendettement :** Si vos charges ont explosé.
* **Preuve de loyauté :** Versez ce que vous pouvez (même une somme partielle) chaque mois pour prouver au juge que vous n'êtes pas de mauvaise foi mais en réelle incapacité.
**Conseil pragmatique :** Avant de lancer une procédure judiciaire, vérifiez si votre convention de divorce contient une clause de **médiation préalable obligatoire**. Si c'est le cas, vous devez obligatoirement tenter une médiation avant de pouvoir saisir le juge, sous peine d'irrecevabilité de votre demande.
Souhaitez-vous que je rédige un projet de courrier à adresser à l'avocat de votre ex-conjoint pour solliciter officiellement une révision amiable de l'échéancier avant toute action judiciaire ?
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Sources officielles Légifrance
📄 Article 265 du Code civil
Le divorce est sans incidence sur les avantages matrimoniaux qui prennent effet au cours du mariage et sur les donations de biens présents quelle que soit leur forme. Le divorce emporte révocation de plein droit des avantages matrimoniaux qui ne prennent effet qu'à la dissolution du régime matrimonial ou au décès de l'un des époux et des dispositions à cause de mort, accordés par un époux envers son conjoint par contrat de mariage ou pendant l'union, sauf volonté contraire de l'époux qui les a consentis. Cette volonté est exprimée dans la convention matrimoniale ou constatée dans la convention signée par les époux et contresignée par les avocats ou par le juge au moment du prononcé du divorce et rend irrévocables l'avantage ou la disposition maintenus. Toutefois, si le contrat de mariage le prévoit, les époux pourront toujours reprendre les biens qu'ils auront apportés à la communauté.
📄 Article 1371 du Code civil
L'acte authentique fait foi jusqu'à inscription de faux de ce que l'officier public dit avoir personnellement accompli ou constaté. En cas d'inscription de faux, le juge peut suspendre l'exécution de l'acte.
📄 Article 1343-5 du Code civil
Le juge peut, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, reporter ou échelonner, dans la limite de deux années, le paiement des sommes dues. Par décision spéciale et motivée, il peut ordonner que les sommes correspondant aux échéances reportées porteront intérêt à un taux réduit au moins égal au taux légal, ou que les paiements s'imputeront d'abord sur le capital. Il peut subordonner ces mesures à l'accomplissement par le débiteur d'actes propres à faciliter ou à garantir le paiement de la dette. La décision du juge suspend les procédures d'exécution qui auraient été engagées par le créancier. Les majorations d'intérêts ou les pénalités prévues en cas de retard ne sont pas encourues pendant le délai fixé par le juge. Toute stipulation contraire est réputée non écrite. Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux dettes d'aliment.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation
📋 Décision - POLE CIVIL - Fil 6 - 22/05/2026
Madame [I] [O] est-elle tenue de payer à Monsieur [B] [K] la somme de 30 000 euros en application du protocole d'accord du 15 octobre 2014 ? — Le protocole d'accord signé entre les parties peut être exécuté si les conditions qui y sont stipulées sont remplies. Les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire, sauf disposition contraire.
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