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Restitution des clés à l'employeur pendant arrêt maladie (refus d'envoi recommandé) Droit du travail Arrêt maladie

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Je suis en arrêt maladie depuis 2 mois et suis prolongée. Mon employeur m'avait demandé de lui restituer les clés, je lui avais alors proposé en courrier recommandé à l'adresse de l'entreprise, ce qu'il avait refusé en disant que ce n'était pas sécurisé. Il avait alors trouvé un double et m'avait dit de les garder. Aujourd'hui il me l'a demandé à nouveau. Je lui ai parlé d'un recommandé à l'adresse de son choix, ce qu'il refuse à nouveau. Mon lieu de travail est loin de chez moi, je ne peux pas me déplacer. Et je ne connais personne qui peut y aller
Dans cette situation, vous faites face à une demande de votre employeur qui, tout en étant légitime sur le fond (la restitution du matériel de l'entreprise), devient abusive par les modalités qu'il tente de vous imposer, surtout compte tenu de votre état de santé. Voici l'analyse stratégique de votre situation selon le droit français. ## 1. Le cadre légal : Votre obligation de restitution Sur le plan juridique, les clés de l'entreprise sont la propriété de l'employeur. En cas d'absence prolongée, celui-ci est en droit d'en demander la restitution pour assurer la continuité de l'activité. Cependant, votre contrat de travail est suspendu en raison de votre arrêt maladie (en vertu de [l'article L1226-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-1%20du%20Code%20du%20travail)). Durant cette période, vous n'avez aucune obligation de fournir une prestation de travail, ce qui inclut l'interdiction pour l'employeur de vous imposer un déplacement professionnel ou administratif vers l'entreprise, particulièrement si votre état de santé ou la distance ne le permettent pas. ## 2. Stratégie et "Coup d'après" : L'anticipation du conflit L'employeur pourrait tenter de vous reprocher une "rétention abusive" de matériel s'il souhaite engager une procédure disciplinaire. Son refus systématique de vos propositions d'envoi sécurisé suggère une volonté de vous forcer à un déplacement physique ou de créer un grief. **L'argument de l'employeur :** Il prétendra que l'envoi par courrier est risqué (perte, vol). **Votre réponse :** L'envoi en **Recommandé avec Accusé de Réception (LRAR) avec une valeur déclarée (Assurance)** est un mode de transport juridiquement reconnu et sécurisé. Si l'employeur refuse ce mode de preuve légal, c'est lui qui se place en situation de "refus de recevoir". ## 3. La charge de la preuve Pour vous protéger, vous devez impérativement constituer un dossier de preuves montrant votre bonne foi : 1. **Conservez les traces :** Gardez une copie du précédent courrier recommandé et de sa réponse (ou du suivi de la poste indiquant le refus). 2. **Le témoignage médical :** Si votre pathologie interdit les déplacements longs, demandez à votre médecin une attestation (sans mentionner le diagnostic) précisant que "votre état de santé est incompatible avec des déplacements prolongés". 3. **La preuve de l'envoi :** Le bordereau de dépôt d'un recommandé est votre meilleure protection juridique. ## 4. Plan d'action recommandé (Pragmatisme) Je vous conseille de suivre ces étapes pour clore le sujet sans vous mettre en risque : 1. **Dernière proposition formelle :** Envoyez un mail (ou un SMS si c'est votre mode de communication habituel) confirmant votre proposition : *"Comme indiqué précédemment, je ne peux me déplacer en raison de mon arrêt maladie et de la distance. Je vous propose à nouveau l'envoi des clés par courrier recommandé avec valeur déclarée (assurance) à l'adresse de votre choix. Merci de me confirmer cette adresse sous 48h."* 2. **Passage à l'acte :** Si l'employeur refuse encore ou ne répond pas, envoyez tout de même les clés en **Recommandé avec Accusé de Réception avec option "Valeur Déclarée"** au siège social de l'entreprise. 3. **Protection finale :** Une fois le courrier posté, vous avez rempli votre obligation de restitution. Si l'employeur refuse le pli, il reviendra chez vous. Gardez-le **scellé** (ne l'ouvrez pas). C'est la preuve absolue devant un juge que vous avez tenté de restituer les clés et que l'employeur a refusé de les réceptionner. **Risque à noter :** L'employeur ne peut pas suspendre votre complément de salaire ou votre salaire au motif que vous n'avez pas rendu les clés. Ce serait une sanction pécuniaire illicite. Si vous le souhaitez, je peux rédiger pour vous le modèle de lettre ferme et factuelle à envoyer à votre employeur pour mettre fin à cette situation.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L1226-1 du Code du travail

Tout salarié ayant une année d'ancienneté dans l'entreprise bénéficie, en cas d'absence au travail justifiée par l'incapacité résultant de maladie ou d'accident constaté par certificat médical et contre-visite s'il y a lieu, d'une indemnité complémentaire à l'allocation journalière prévue à l'article L. 321-1 du code de la sécurité sociale, à condition : 1° D'avoir justifié dans les quarante-huit heures de cette incapacité, sauf si le salarié fait partie des personnes mentionnées à l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ; 2° D'être pris en charge par la sécurité sociale ; 3° D'être soigné sur le territoire français ou dans l'un des autres Etats membres de la Communauté européenne ou dans l'un des autres Etats partie à l'accord sur l'Espace économique européen. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux salariés travaillant à domicile, aux salariés saisonniers, aux salariés intermittents et aux salariés temporaires. Un décret en Conseil d'Etat détermine les formes et conditions de la contre-visite mentionnée au premier alinéa. Le taux, les délais et les modalités de calcul de l'indemnité complémentaire sont déterminés par voie réglementaire.

📄 Article L1226-10 du Code du travail

Lorsque le salarié victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. Cette proposition prend en compte, après avis du comité économique et social, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existant dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur l'aptitude du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste adapté. L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en oeuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail. Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l'article L. 233-1 , aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce.

📄 Article L1226-2 du Code du travail

Lorsque le salarié victime d'une maladie ou d'un accident non professionnel est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4 , à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l'article L. 233-1 , aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce. Cette proposition prend en compte, après avis du comité social et économique lorsqu'il existe, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existantes dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur la capacité du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste adapté. L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en oeuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail.
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