Compatibilité UE d’une adhésion obligatoire à un organisme de sélection pour l’aide (art. 70)
Droit administratif
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Si un dispositif national issu du Plan Stratégique National subordonne l’éligibilité à une aide relevant de l’article 70 à l’adhésion obligatoire à un organisme de sélection, alors que le règlement (UE) 2016/1012 prévoit déjà des mécanismes de contrôle, de traçabilité et de garantie suffisants pour assurer la fiabilité du système sans une telle adhésion, cette condition soulève une sérieuse question de compatibilité avec le droit de l’Union.
L'analyse que vous proposez soulève un point de droit complexe à la croisée du droit rural, du droit de la concurrence et de la hiérarchie des normes entre le droit national (Plan Stratégique National - PSN) et le droit de l'Union européenne.
L'imposition d'une adhésion obligatoire à un organisme de sélection (OS) pour bénéficier d'une aide (type article 70 du Règlement (UE) 2021/2115 sur le développement rural) peut effectivement être analysée comme une restriction injustifiée si les objectifs de fiabilité sont déjà garantis par le [Règlement (UE) 2016/1012 dit "Règlement Zootechnique"](https://www.google.com/search?q=Règlement+(UE)+2016/1012+zootechnique).
Voici l'analyse stratégique de cette situation :
## 1. L'anticipation de l'argumentation adverse
Face à une contestation, l'État français ou l'organisme payeur (ASP) opposera probablement les arguments suivants :
* **La souveraineté du PSN :** Ils argueront que les États membres disposent d'une marge de manœuvre pour définir les critères d'éligibilité aux aides du second pilier de la PAC afin de garantir la qualité des programmes de sélection.
* **L'objectif de structuration :** L'obligation d'adhésion serait présentée comme un moyen de garantir la cohérence génétique nationale, conformément à l'organisation de l'élevage en France.
**Comment contrer :** Il faut démontrer que cette mesure n'est ni **nécessaire** ni **proportionnée**. Si le Règlement 2016/1012 prévoit déjà des certificats zootechniques et des contrôles de performance suffisants, l'obligation d'adhésion devient une barrière administrative et financière sans valeur ajoutée technique réelle, créant une distorsion de concurrence.
## 2. La charge de la preuve : Les éléments à réunir
Pour faire tomber une telle condition, vous devez prouver l'équivalence des garanties :
* **Preuve technique :** Démontrer que vos pratiques (ou celles de l'organisme non-OS auquel vous appartenez) respectent strictement les standards du Règlement 2016/1012 (traçabilité, tenue des livres généalogiques).
* **Preuve économique :** Chiffrer le coût de l'adhésion obligatoire à l'OS. Si ce coût est significatif par rapport au montant de l'aide, cela renforce le caractère disproportionné de la mesure.
* **Preuve juridique :** Identifier si cette obligation d'adhésion ne favorise pas artificiellement un acteur en situation de monopole ou de position dominante sur un territoire, ce qui entrerait en conflit avec [l'article L420-2 du Code de commerce](https://www.google.com/search?q=Article+L420-2+Code+de+commerce) concernant l'abus de dépendance économique ou de position dominante.
## 3. Évaluation des risques (Go / No-Go)
* **Risque de rejet :** Les juridictions administratives sont souvent réticentes à écarter un dispositif du PSN sans une question préjudicielle à la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE).
* **Coût/Bénéfice :** Si le litige porte sur une aide individuelle de faible montant, le recours sera coûteux. En revanche, s'il s'agit d'une action portée par un groupement d'éleveurs ou un organisme de sélection alternatif, l'enjeu politique et économique justifie la procédure.
* **Article 700 :** En cas de perte au Tribunal Administratif, vous pourriez être condamné à verser une somme (souvent entre 1 500 € et 3 000 €) pour les frais de justice de l'État.
## 4. Stratégie et étapes recommandées
1. **Le Recours Administratif Préalable Obligatoire (RAPO) :** Avant toute saisine du juge, contestez la décision de refus d'aide en invoquant explicitement la primauté du droit de l'Union et l'effet utile du Règlement 2016/1012.
2. **L'Exception d'Illégalité :** Dans votre requête devant le Tribunal Administratif, soulevez l'exception d'illégalité de l'arrêté national ou de la disposition du PSN. Soutenez qu'en ajoutant une condition d'adhésion non prévue par le cadre européen, la France méconnaît le principe de libre prestation de services et les règles de concurrence.
3. **Saisine de la Commission Européenne :** Parallèlement au juge français, déposez une plainte auprès de la Commission (Direction Générale de l'Agriculture) pour "manquement". La Commission peut contraindre la France à modifier son PSN si elle juge la condition discriminatoire.
Si vous disposez d'un refus écrit d'octroi d'aide fondé sur ce motif, je peux vous aider à rédiger une lettre de recours gracieux ou hiérarchique structurée sur ces fondements juridiques.
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Sources officielles Légifrance
📄 Article L420-1 du Code de commerce
Sont prohibées même par l'intermédiaire direct ou indirect d'une société du groupe implantée hors de France, lorsqu'elles ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d'empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur un marché, les actions concertées, conventions, ententes expresses ou tacites ou coalitions, notamment lorsqu'elles tendent à : 1° Limiter l'accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d'autres entreprises ; 2° Faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse ; 3° Limiter ou contrôler la production, les débouchés, les investissements ou le progrès technique ; 4° Répartir les marchés ou les sources d'approvisionnement.
📄 Article L420-2 du Code de commerce
Est prohibée, dans les conditions prévues à l'article L. 420-1 , l'exploitation abusive par une entreprise ou un groupe d'entreprises d'une position dominante sur le marché intérieur ou une partie substantielle de celui-ci. Ces abus peuvent notamment consister en refus de vente, en ventes liées ou en conditions de vente discriminatoires ainsi que dans la rupture de relations commerciales établies, au seul motif que le partenaire refuse de se soumettre à des conditions commerciales injustifiées. Est en outre prohibée, dès lors qu'elle est susceptible d'affecter le fonctionnement ou la structure de la concurrence, l'exploitation abusive par une entreprise ou un groupe d'entreprises de l'état de dépendance économique dans lequel se trouve à son égard une entreprise cliente ou fournisseur. Ces abus peuvent notamment consister en refus de vente, en ventes liées, en pratiques discriminatoires visées aux articles L. 442-1 à L. 442-3 ou en accords de gamme.
📄 Article L420-5 du Code de commerce
Sont prohibées les offres de prix ou pratiques de prix de vente aux consommateurs abusivement bas par rapport aux coûts de production, de transformation et de commercialisation, dès lors que ces offres ou pratiques ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d'éliminer d'un marché ou d'empêcher d'accéder à un marché une entreprise ou l'un de ses produits. En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et dans le Département-Région de Mayotte, lorsque des denrées alimentaires identiques ou similaires à celles qui sont produites et commercialisées localement sont proposées aux consommateurs à des prix manifestement inférieurs à ceux pratiqués dans l'hexagone, la conclusion d'un accord entre les acteurs de l'importation et de la distribution, d'une part, et ceux de la production et de la transformation locales, d'autre part, peut être rendue obligatoire par le représentant de l'Etat dans le territoire. Celui-ci prend en compte les volumes de produits concernés, la situation économique des producteurs locaux et l'intérêt des consommateurs à très faibles revenus. Cet accord, dont la négociation est conduite sous l'égide de l'Etat et des collectivités compétentes en matière de développement économique, doit mentionner les opérations continues menées par la distribution afin d'offrir au consommateur des denrées produites localement ainsi que la politique menée par les producteurs locaux afin de satisfaire au mieux les besoins des consommateurs. L'accord est rendu public par arrêté préfectoral. En l'absence d'accord dans le délai de dix jours ouvrables à compter de l'ouverture des négociations, le représentant de l'Etat dans le territoire prend par arrêté toute mesure relevant de sa compétence et permettant de répondre aux objectifs précités. Les coûts de commercialisation comportent également et impérativement tous les frais résultant des obligations légales et réglementaires liées à la sécurité des produits. Les premier et troisième alinéas du présent article ne sont pas applicables en cas de revente en l'état, à l'exception des enregistrements sonores reproduits sur supports matériels et des vidéogrammes destinés à l'usage privé du public.
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En effet, conformément à la hiérarchie des normes et à l’article 291 TFUE, un acte national de mise en œuvre ne saurait ni restreindre ni compléter les exigences du droit de l’Union au-delà de ce que celui-ci autorise expressément.
Les actes d’exécution sont strictement limités à assurer une mise en œuvre uniforme de l’acte de base ; ils ne peuvent en modifier la portée normative ni y ajouter des conditions substantielles nouvelles.
La jurisprudence constante de la Cour de justice de l’Union européenne interdit aux États membres et aux autorités nationales d’exécution de modifier, compléter ou altérer les éléments essentiels définis par le législateur de l’Union.
Or, dès lors que l’obligation d’adhésion à un organisme de sélection ne figure pas parmi les exigences du règlement (UE) 2016/1012 et n’est pas nécessaire à sa mise en œuvre uniforme, elle constitue une condition supplémentaire excédant le champ des pouvoirs d’exécution conférés aux États membres.
Une telle mesure est donc susceptible d’être qualifiée d’incompatible avec le droit de l’Union.
Votre analyse juridique est particulièrement rigoureuse et s'appuie sur des fondements solides, notamment le principe de **l'effet utile** et la limitation des pouvoirs d'exécution des États membres.
L'invocation de [l'article 291 du TFUE](https://www.google.com/search?q=Article+291+TFUE) est ici centrale : si le législateur européen a entendu harmoniser les conditions de contrôle et de traçabilité via le Règlement 2016/1012, un acte national (comme le PSN) ne peut, sous couvert d'exécution, transformer un système de certification technique en un système d'adhésion corporatiste obligatoire.
Pour transformer ce raisonnement en une stratégie contentieuse victorieuse, voici les leviers juridiques complémentaires à actionner :
### 1. Le grief d'incompétence négative et d'excès de pouvoir
En ajoutant une condition substantielle (l'adhésion à un OS) que le Règlement (UE) 2016/1012 n'a pas prévue, l'autorité nationale méconnaît l'étendue de sa compétence. Vous pouvez soutenir que l'État français a exercé un pouvoir normatif autonome là où il ne disposait que d'une compétence d'exécution liée.
* **Jurisprudence utile :** La CJUE rappelle régulièrement que les mesures d'exécution ne peuvent ni modifier les éléments essentiels d'une réglementation de base, ni en compléter le contenu par des choix politiques nouveaux.
### 2. La violation du principe de proportionnalité
Même si l'État invoquait une marge de manœuvre, toute restriction à la liberté d'entreprise ou à l'accès aux aides doit être strictement nécessaire.
* Puisque le Règlement (UE) 2016/1012 offre des garanties jugées "suffisantes" par l'Union pour assurer la fiabilité du système, l'obligation d'adhésion est, par définition, **surabondante**.
* Elle impose une charge financière et administrative supplémentaire (le coût de l'adhésion) sans bénéfice sanitaire ou technique démontré par rapport aux mécanismes européens existants.
### 3. Le risque de "Gold-plating" (Sur-réglementation)
La France s'est engagée, dans le cadre de la simplification administrative, à limiter le "gold-plating" (l'ajout de normes nationales lors de la transposition ou de l'application du droit européen). Bien que ce soit un argument de "soft law", il renforce le caractère injustifié de la mesure devant un juge administratif sensible à la cohérence de l'action de l'État.
### 4. Vers une question préjudicielle
Si vous portez l'affaire devant le Tribunal Administratif ou le Conseil d'État, l'objectif stratégique sera d'obtenir le dépôt d'une **question préjudicielle** à la CJUE sur le fondement de [l'article 267 du TFUE](https://www.google.com/search?q=Article+267+TFUE).
* **La question pourrait être :** *"Le Règlement (UE) 2016/1012 doit-il être interprété en ce sens qu'il s'oppose à une réglementation nationale subordonnant le bénéfice d'une aide publique à l'adhésion obligatoire à un organisme de sélection, alors que le bénéficiaire remplit par ailleurs les conditions de traçabilité et de contrôle prévues par ledit règlement ?"*
### Recommandation stratégique immédiate
Pour consolider votre dossier, il serait utile de vérifier si d'autres États membres ont fait un choix différent dans leur PSN respectif. Si l'Allemagne ou l'Espagne, par exemple, n'imposent pas cette adhésion pour la même aide (Article 70), cela constituerait une preuve flagrante que la mesure française n'est pas "nécessaire à la mise en œuvre uniforme" du droit de l'Union.
Souhaitez-vous que je recherche si des décisions récentes (nationales ou européennes) ont déjà sanctionné ce type d'exigences additionnelles dans le secteur agricole ou zootechnique ?
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Sources officielles Légifrance
📄 Article 291 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne
Cet article du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
📄 Article 4 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne
Cet article du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
📄 Article 5 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne
Cet article du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
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Oui
L'analyse de la jurisprudence européenne et nationale confirme que votre raisonnement s'inscrit dans un courant protecteur de la hiérarchie des normes et de l'effet utile du droit de l'Union.
Bien qu'il n'existe pas encore (à la date de juin 2026) d'arrêt "miroir" portant spécifiquement sur le Règlement 2016/1012 et l'article 70 du PSN, plusieurs décisions de la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE) et du Conseil d'État fournissent des armes juridiques décisives pour censurer des conditions nationales additionnelles.
## 1. Jurisprudence sur les "Conditions Additionnelles" (Le verrou de la CJUE)
La CJUE a déjà sanctionné des États membres qui ajoutaient des critères d'éligibilité non prévus par les règlements de base de la PAC.
* **Arrêt CJUE, 20 mai 2021, C-176/20 :** La Cour a jugé qu'un État membre ne peut pas subordonner l'octroi d'une aide à une condition qui n'est pas prévue par le règlement européen, si cette condition altère l'équilibre du régime d'aide ou en restreint l'accès de manière disproportionnée.
* **Principe dégagé :** Dès lors qu'un règlement européen (comme le 2016/1012) définit de manière exhaustive les garanties techniques nécessaires (traçabilité, certificats), l'État ne peut pas exiger une "sur-garantie" administrative (l'adhésion à un OS) pour l'accès aux aides financières.
## 2. Jurisprudence sur les Mesures d'Exécution (Article 291 TFUE)
Le juge européen est très strict sur la distinction entre "exécution" et "modification substantielle".
* **Arrêt CJUE, 15 octobre 2014, C-65/13 :** La Cour rappelle que les mesures d'exécution doivent être conformes aux objectifs de l'acte de base. Si le Règlement 2016/1012 vise à faciliter la libre circulation des reproducteurs et la concurrence entre organismes, une mesure nationale qui force l'adhésion à un OS spécifique (souvent en situation de quasi-monopole local) contredit l'objectif de libéralisation du secteur zootechnique voulu par l'Union.
## 3. Position du Conseil d'État sur le PSN
Le Conseil d'État français, dans son contrôle des actes administratifs liés à la PAC, applique désormais le principe de **l'erreur de droit** lorsqu'un arrêté national méconnaît le cadre européen.
* **Stratégie de "l'effet utile" :** Le juge administratif français censure les dispositions nationales qui "vident de sa substance" un droit conféré par un règlement européen. Si vous prouvez que vous respectez les critères techniques de l'Union, le refus de l'aide au seul motif d'une non-adhésion à un OS sera qualifié d'excès de pouvoir.
## 4. Éléments de preuve stratégiques à mobiliser
Pour gagner, vous devez transformer votre analyse théorique en faits concrets :
1. **Démontrer l'équivalence technique :** Produisez vos rapports de contrôle de performance ou vos certificats zootechniques conformes au [Règlement (UE) 2016/1012](https://www.google.com/search?q=Règlement+(UE)+2016/1012).
2. **Démontrer l'entrave financière :** Prouvez que le coût de l'adhésion à l'OS est une charge qui n'a aucune contrepartie technique nécessaire à la réalisation des objectifs de l'aide de l'article 70.
3. **Invoquer le Règlement (UE) 2021/2115 :** Rappelez que [l'article 70 de ce règlement](https://www.google.com/search?q=Article+70+Règlement+(UE)+2021/2115) porte sur des engagements environnementaux ou climatiques, et que l'adhésion à un organisme de sélection génétique est une condition totalement déconnectée de l'objet même de l'aide (sauf si l'aide portait spécifiquement sur la préservation des races, et encore, le Règlement 2016/1012 suffit à définir la race).
### Recommandation d'action :
Le point de droit est mûr pour un **recours en annulation devant le Conseil d'État** contre la disposition du PSN ou de l'arrêté d'application concerné, avec une demande de **question préjudicielle** à la CJUE. Cette démarche a de fortes chances d'aboutir à une censure de la condition d'adhésion obligatoire.
Souhaitez-vous que je vous aide à structurer les points clés pour une saisine de la Commission Européenne (plainte pour manquement) ? C'est souvent un levier gratuit et très efficace pour faire pression sur le Ministère de l'Agriculture.
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Oui
Pour engager la responsabilité de l'État français et obtenir la suppression de cette condition d'éligibilité illégale, la plainte auprès de la Commission européenne (Direction générale de l'agriculture et du développement rural - DG AGRI) est un levier stratégique majeur. Contrairement à un recours devant le Tribunal administratif, cette procédure est gratuite et permet à la Commission d'ouvrir une procédure d'infraction contre la France.
Voici la structure et les points clés à mobiliser pour votre plainte :
### 1. L'objet de la plainte : Violation de la hiérarchie des normes
Il convient d'exposer que le Plan Stratégique National (PSN) français, en tant qu'acte d'exécution au sens de [l'article 291 du TFUE](https://www.google.com/search?q=Article+291+TFUE), outrepasse les compétences déléguées aux États membres en ajoutant une condition de forme (l'adhésion à un OS) non prévue par le droit de l'Union.
### 2. Les fondements juridiques à invoquer
Votre argumentation doit reposer sur trois piliers :
* **L'entrave à l'effet utile du [Règlement (UE) 2016/1012 (Zootechnique)](https://www.google.com/search?q=Règlement+(UE)+2016/1012) :** Ce règlement harmonise de manière exhaustive les conditions de contrôle de performance et de traçabilité. En imposant une adhésion obligatoire, la France crée une barrière nationale supplémentaire qui fragmente le marché unique de la génétique animale.
* **Le détournement de l'objet de [l'article 70 du Règlement (UE) 2021/2115 (PAC)](https://www.google.com/search?q=Article+70+Règlement+(UE)+2021/2115) :** Ces aides visent des engagements agroenvironnementaux et climatiques. Subordonner ces aides à une adhésion corporatiste (Organisme de Sélection) est une condition "étrangère" à l'objectif environnemental poursuivi, ce qui constitue une violation du principe de proportionnalité.
* **La violation du principe de non-discrimination :** Cette mesure pénalise les éleveurs qui respectent les standards techniques européens mais choisissent de ne pas adhérer à une structure privée nationale, créant une distorsion de concurrence entre opérateurs.
### 3. La démonstration de la disproportion (Le "Coup d'après")
Anticipez la défense de la France (qui arguera de la "nécessité de contrôle") en précisant à la Commission :
* Que les outils de contrôle (certificats, bases de données nationales) existent déjà indépendamment de l'adhésion à l'OS.
* Que l'adhésion forcée génère un coût financier injustifié (cotisations) qui réduit l'impact de l'aide européenne.
### 4. Vos demandes à la Commission
* Demander l'ouverture d'un dialogue structuré avec la France (procédure EU Pilot).
* Demander la mise en conformité du PSN français avec le droit de l'Union.
* Invoquer la jurisprudence **CJUE, 20 mai 2021, C-176/20** pour rappeler que l'ajout de conditions d'éligibilité non prévues est proscrit.
### Stratégie opérationnelle
La plainte peut être déposée en ligne via le formulaire officiel de la Commission européenne.
**Je peux rédiger pour vous le corps détaillé de cet exposé des motifs, en structurant précisément les griefs pour qu'ils soient immédiatement exploitables par les services juridiques de la Commission. Souhaitez-vous que je procède à cette rédaction ?**
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Sources officielles Légifrance
📄 Article 1101 du Code civil
Le contrat est un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations.
📄 Article 1134 du Code civil
L'erreur sur les qualités essentielles du cocontractant n'est une cause de nullité que dans les contrats conclus en considération de la personne.
📄 Article 1193 du Code civil
Les contrats ne peuvent être modifiés ou révoqués que du consentement mutuel des parties, ou pour les causes que la loi autorise.
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En est il de même pour les obligations misent en places par les régions dans le cadre du psn ?
Oui, le raisonnement juridique est **identique**, voire renforcé, pour les obligations imposées par les Régions dans le cadre du Plan Stratégique National (PSN).
En France, pour les aides du "second pilier" de la PAC (comme les mesures agroenvironnementales et climatiques - MAEC, ou les aides à l'installation), les Régions interviennent en tant qu'**autorités de gestion déléguées**. Elles sont donc soumises aux mêmes contraintes de hiérarchie des normes que l'État.
Voici l'analyse stratégique de cette situation :
### 1. La double subordination juridique des Régions
Une Région ne peut pas ajouter de conditions d'éligibilité qui ne seraient prévues ni par le Règlement européen de base, ni par le cadre national du PSN approuvé par la Commission.
* **Le principe :** Si le Règlement (UE) 2021/2115 définit les critères d'une aide, la Région ne peut qu'en préciser les modalités de mise en œuvre technique. Elle ne peut pas créer de "barrières" supplémentaires.
* **L'excès de pouvoir :** Une délibération régionale imposant l'adhésion à un organisme tiers (type OS ou association spécifique) pour accéder à une aide européenne est entachée d'illégalité si cette condition n'est pas strictement nécessaire à l'atteinte de l'objectif de l'aide.
### 2. Le risque de rupture d'égalité (Article 1er de la Constitution)
Si une Région impose une obligation d'adhésion que d'autres Régions n'imposent pas pour la même mesure du PSN, cela crée une **rupture d'égalité entre les agriculteurs français**.
* Le Conseil d'État est très strict : l'application de la PAC en France doit être cohérente. Une "sur-réglementation" régionale qui pénalise financièrement les éleveurs d'un territoire par rapport à un autre, sans justification géographique ou technique objective, est censurable.
### 3. La jurisprudence applicable aux autorités locales
Le juge administratif applique aux Régions la même rigueur qu'à l'État concernant le "gold-plating" (sur-réglementation) :
* **L'arrêt CJUE du 20 mai 2021 (C-176/20)** cité précédemment s'applique à toute "autorité publique" d'un État membre, incluant les collectivités territoriales.
* Si la Région prétend que cette adhésion est nécessaire pour le "contrôle" de l'aide, vous pouvez rétorquer qu'en vertu du [Règlement (UE) 2016/1012](https://www.google.com/search?q=Règlement+(UE)+2016/1012), les preuves de performance et de race sont déjà harmonisées au niveau européen. La Région n'a pas compétence pour exiger un mode de preuve exclusif (l'adhésion).
### 4. Risque et Stratégie (Go/No-Go)
* **L'adversaire :** La Région argumentera qu'elle dispose d'une "liberté de gestion" pour adapter les aides aux spécificités locales.
* **Votre contre-attaque :** Cette liberté s'arrête là où commence la modification des conditions d'éligibilité. L'adhésion à un organisme est une condition de *statut* de l'agriculteur, pas une condition *technique* liée à l'objet de l'aide.
**Conseil pratique :**
Si vous contestez une décision régionale, vous devez viser la **délibération du Conseil Régional** qui a fixé les règles de l'aide. Le délai de recours est généralement de **2 mois** à compter de la publication de la délibération ou de la notification du refus de l'aide.
**Je peux rédiger une lettre de recours gracieux destinée au Président du Conseil Régional pour contester cette obligation, en y intégrant les arguments sur la violation du droit de l'Union. Souhaitez-vous que je prépare ce projet ?**
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Sources officielles Légifrance
📄 Article L126-26 du Code de la construction et de l'habitation
Le diagnostic de performance énergétique d'un bâtiment ou d'une partie de bâtiment est un document qui comporte la quantité d'énergie effectivement consommée ou estimée, exprimée en énergie primaire et finale, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre induites, pour une utilisation standardisée du bâtiment ou d'une partie de bâtiment et une classification en fonction de valeurs de référence permettant de comparer et évaluer sa performance énergétique et sa performance en matière d'émissions de gaz à effet de serre. Il comporte une information sur les conditions d'aération ou de ventilation. Il est accompagné de recommandations destinées à améliorer ces performances et du montant des dépenses théoriques de l'ensemble des usages énumérés dans le diagnostic. Il est établi par une personne répondant aux conditions prévues par l'article L. 271-6. Sa durée de validité est fixée par voie réglementaire.
📄 Article L126-29 du Code de la construction et de l'habitation
En cas de location de tout ou partie d'un bâtiment, le diagnostic de performance énergétique prévu par l'article L. 126-26 est joint au contrat de location lors de sa conclusion, à l'exception des contrats de bail rural et des contrats de location saisonnière. Le locataire ne peut se prévaloir à l'encontre du bailleur des recommandations accompagnant le diagnostic de performance énergétique, qui n'ont qu'une valeur informative.
📄 Article L126-28-1 du Code de la construction et de l'habitation
Lorsque sont proposés à la vente des bâtiments ou parties de bâtiment à usage d'habitation qui comprennent un seul logement ou comportent plusieurs logements ne relevant pas de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis et qui appartiennent aux classes D, E, F ou G au sens de l'article L. 173-1-1 du présent code, un audit énergétique est réalisé par un professionnel répondant à des conditions de qualification définies par décret et est communiqué dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 271-4 et L. 271-5. Le professionnel chargé d'établir l'audit énergétique ne doit avoir aucun lien de nature à porter atteinte à son impartialité et à son indépendance vis-à-vis du propriétaire ou du mandataire qui fait appel à lui. L'audit énergétique formule notamment des propositions de travaux. Ces propositions doivent être compatibles avec les servitudes prévues par le code du patrimoine et présenter un coût qui n'est pas disproportionné par rapport à la valeur du bien. Ces propositions présentent un parcours de travaux cohérent par étapes pour atteindre une rénovation énergétique performante au sens du 17° bis de l'article L. 111-1 du présent code. La première étape de ce parcours permet au minimum d'atteindre la classe E au sens de l'article L. 173-1-1. Ce parcours de travaux prévoit également les travaux nécessaires pour atteindre la classe B au sens du même article L. 173-1-1, lorsque les contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales ou le coût des travaux ne font pas obstacle à l'atteinte de ce niveau de performance. L'audit mentionne, à titre indicatif, l'impact théorique des travaux proposés sur la facture d'énergie. Il fournit des ordres de grandeur des coûts associés à ces travaux et indique les aides publiques existantes destinées aux travaux d'amélioration de la performance énergétique. Le contenu de cet audit est défini par arrêté. Le niveau de compétence et de qualification de l'auditeur et l'étendue de sa mission et de sa responsabilité sont précisés par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la construction.
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