Rattachement a posteriori d'une délibération oubliée au conseil municipal
Droit administratif
?
Peut on si on a oublié une délibération au conseil municipal, rattacher cette délibération à un conseil passé à posteriori ? J'ai entendu que ça se faisait
La réponse courte est **non**. Il est strictement interdit de "rattacher" artificiellement une délibération à un conseil municipal passé. Cette pratique, bien que parfois tentée de manière informelle dans certaines communes, constitue une **falsification d'acte public**, ce qui est un délit pénal.
Voici l'analyse stratégique de la situation et les solutions légales pour régulariser un oubli.
### 1. Le risque juridique : Le "faux en écriture publique"
Le conseil municipal est régi par des règles de transparence et de publicité strictes.
* **Le principe :** Selon [l'article L2121-18 du Code général des collectivités territoriales (CGCT)](https://www.google.com/search?q=Article+L2121-18+du+Code+général+des+collectivités+territoriales), les séances sont publiques. Le compte-rendu et le procès-verbal doivent refléter exactement ce qui a été débattu et voté le jour J.
* **Le risque pénal :** Inscrire une délibération qui n'a pas été soumise au vote lors de la séance concernée revient à créer un "faux". Cela expose le maire et les agents complices à des poursuites pour **faux en écriture publique** (passible de la cour d'assises pour les fonctionnaires ou élus agissant dans l'exercice de leurs fonctions).
* **Le risque administratif :** La délibération ainsi "ajoutée" serait illégale. Tout administré pourrait en demander l'annulation devant le Tribunal Administratif, et le Préfet, via le contrôle de légalité, l'annulerait immédiatement s'il constate l'anachronisme.
### 2. L'anticipation de la partie adverse (Le "Coup d'après")
Si vous tentez de régulariser ainsi, l'opposition municipale ou un tiers lésé n'aura qu'à vérifier deux points pour faire tomber la délibération :
1. **L'ordre du jour :** La délibération "oubliée" ne figurait pas sur la convocation envoyée aux élus.
2. **La publicité :** Si la séance a été enregistrée ou si des citoyens étaient présents (comme le permet [l'article L2121-18 du CGCT](https://www.google.com/search?q=Article+L2121-18+du+Code+général+des+collectivités+territoriales)), il sera facile de prouver que le sujet n'a jamais été mis aux voix.
### 3. La stratégie de régularisation (Les solutions légales)
Si une délibération a été oubliée, vous ne devez pas regarder en arrière, mais agir pour l'avenir :
* **Option 1 : Convoquer un nouveau Conseil Municipal (La voie royale)**
C'est la seule solution sûre. Vous inscrivez la délibération à l'ordre du jour d'une nouvelle séance. Si l'urgence le justifie, le délai de convocation peut être réduit (3 jours francs pour les communes de moins de 3 500 habitants).
* **Option 2 : La délibération "rétroactive" (Usage restreint)**
Dans certains cas très précis (notamment en matière de tarifs ou de RH), le Conseil peut prendre une décision aujourd'hui qui s'applique à une situation passée, **à condition** que cela ne lèse pas de droits acquis et que la loi l'autorise. Mais attention : la délibération elle-même porte la date du jour du vote réel, elle n'est pas "insérée" dans un vieux registre.
### 4. Charge de la preuve et pragmatisme
Pour prouver la validité d'une délibération, la commune doit être capable de produire :
1. La convocation avec l'ordre du jour mentionnant le point.
2. Le registre des délibérations dûment signé.
3. La preuve de la transmission au contrôle de légalité (Préfecture) et de l'affichage.
**Conseil de "Senior Partner" :**
Ne jouez pas avec les registres. Si l'oubli concerne un dossier financier ou une subvention urgente, il vaut mieux assumer l'erreur matérielle et reconvoquer un conseil extraordinaire. Le coût d'une nouvelle séance est dérisoire face au risque pénal d'un faux en écriture publique.
Si vous le souhaitez, je peux vous aider à rédiger l'ordre du jour d'une séance complémentaire ou une note explicative pour justifier l'urgence de cette nouvelle délibération auprès de vos élus.
⚖️
Sources officielles Légifrance
📄 Article L2121-18 du Code général des collectivités territoriales
Les séances des conseils municipaux sont publiques. Néanmoins, sur la demande de trois membres ou du maire, le conseil municipal peut décider, sans débat, à la majorité absolue des membres présents ou représentés, qu'il se réunit à huis clos. Sans préjudice des pouvoirs que le maire tient de l'article L. 2121-16 , ces séances peuvent être retransmises par les moyens de communication audiovisuelle.
📄 Article L2121-20 du Code général des collectivités territoriales
Un conseiller municipal empêché d'assister à une séance peut donner à un collègue de son choix pouvoir écrit de voter en son nom. Un même conseiller municipal ne peut être porteur que d'un seul pouvoir. Le pouvoir est toujours révocable. Sauf cas de maladie dûment constatée ou de congé de maternité dans les conditions prévues à l' article L. 331-3 du code de la sécurité sociale , il ne peut être valable pour plus de trois séances consécutives. Les délibérations sont prises à la majorité absolue des suffrages exprimés. Lorsqu'il y a partage égal des voix et sauf cas de scrutin secret, la voix du président est prépondérante.
📄 Article L2121-22 du Code général des collectivités territoriales
Le conseil municipal peut former, au cours de chaque séance, des commissions chargées d'étudier les questions soumises au conseil soit par l'administration, soit à l'initiative d'un de ses membres. Elles sont convoquées par le maire, qui en est le président de droit, dans les huit jours qui suivent leur nomination, ou à plus bref délai sur la demande de la majorité des membres qui les composent. Dans cette première réunion, les commissions désignent un vice-président qui peut les convoquer et les présider si le maire est absent ou empêché. Dans les communes de plus de 1 000 habitants, la composition des différentes commissions, y compris les commissions d'appel d'offres et les bureaux d'adjudications, doit respecter le principe de la représentation proportionnelle pour permettre l'expression pluraliste des élus au sein de l'assemblée communale.
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