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Retard de versement du complément de salaire en mi-temps thérapeutique Droit du travail

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une salariée est en mi-temps thérapeutique. Suite à un problème d'attestation de salaire faite le 02 juin 2026 (puisque la salariée a eu un arrêt rectificatif), la CPAM m'a fait un retour le 19 juin 2026. J'ai donc fait une attestation rectificative de suite, et à aujourd'hui le 07 juillet, elle n'a toujours pas reçu son complément de salaire de la CPAM.
La situation de votre salariée est délicate car le retard de paiement des Indemnités Journalières de Sécurité Sociale (IJSS) en mi-temps thérapeutique peut rapidement fragiliser sa situation financière. En ce 07 juillet 2026, alors que l'attestation rectificative a été transmise le 19 juin, le délai de traitement par la CPAM (environ 18 jours calendaires) commence à devenir anormalement long pour un dossier rectifié. Voici l'analyse stratégique et les démarches à entreprendre. ## 1. Cadre juridique du mi-temps thérapeutique Le mi-temps thérapeutique (ou temps partiel pour motif thérapeutique) est régi par [l'article L323-3 du Code de la sécurité sociale](/articles/code-de-la-securite-sociale/L323-3). Ce texte précise que l'indemnité journalière est maintenue pour favoriser l'amélioration de l'état de santé. Comme rappelé par la jurisprudence récente ([Tribunal judiciaire, ctx protection sociale, 23/03/2026](/decisions/69c1bd2ccdc6046d47b3f504)), la CPAM a l'obligation de verser ces indemnités dès lors que le motif médical est validé et que les justificatifs administratifs (attestations de salaire) sont conformes. ## 2. Anticipation des blocages (Le "Coup d'après") Le retard actuel peut provenir de deux sources que vous devez anticiper : * **Le "doublon" informatique :** L'envoi d'une attestation rectificative après une première attestation erronée bloque souvent le dossier en "traitement manuel" au sein de la CPAM. Le système informatique ne peut pas fusionner les deux flux automatiquement. * **La subrogation :** Si votre entreprise pratique la subrogation, c'est à vous que la CPAM doit l'argent. Si vous ne subrogez pas, la salariée est en lien direct. Dans les deux cas, la CPAM risque de prétexter une "pièce manquante" ou un "calcul complexe" dû à l'arrêt rectificatif. ## 3. Stratégie d'action et preuves Ne vous contentez pas d'attendre. En tant qu'employeur, vous avez une obligation de diligence. ### Étape 1 : Vérification et preuve de dépôt Assurez-vous d'avoir la preuve de transmission de l'attestation du 19 juin (Accusé de réception logique en DSN ou accusé de dépôt sur Net-Entreprises). Sans cette preuve, la CPAM pourra nier avoir reçu la rectification. ### Étape 2 : Relance ciblée (Action immédiate) * **Via l'Espace Employeur :** Utilisez la messagerie de Net-Entreprises ou de votre compte employeur Ameli pour envoyer un message avec l'objet "RÉCLAMATION - RETARD DE PAIEMENT IJSS MI-TEMPS THÉRAPEUTIQUE". * **Ligne dédiée :** Appelez le **3679** (service employeurs). Notez impérativement le nom de l'agent, l'heure de l'appel et le numéro de ticket de votre demande. ### Étape 3 : Le recours au médiateur (Si blocage persistant) Si d'ici la fin de semaine (10 juillet) la situation n'est pas débloquée, la salariée (ou vous-même si subrogation) peut saisir le **Médiateur de la CPAM**. C'est une procédure gratuite qui débloque souvent les dossiers "coincés" administrativement. ## 4. Risque pour l'employeur Si le retard est dû à une erreur initiale de l'entreprise (ce qui semble être le cas ici avec l'attestation du 02 juin rectifiée le 19), la salariée pourrait se retourner contre vous pour le préjudice subi (agios bancaires, stress). * **Conseil pragmatique :** Si la situation est critique pour elle, vous pouvez lui verser un **acompte sur salaire** correspondant au montant estimé des IJSS, que vous récupérerez une fois que la CPAM aura régularisé le paiement (si vous êtes en subrogation) ou qu'elle vous remboursera (si elle perçoit les IJSS directement). **Note sur le complément employeur :** Selon [l'article L1226-1 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L1226-1), vous devez également verser un complément de salaire si la salariée remplit les conditions d'ancienneté (souvent 1 an), en fonction de ce que prévoit votre convention collective pour le mi-temps thérapeutique. Je peux, si vous le souhaitez, vous rédiger un modèle de mail de réclamation formel à envoyer dès maintenant à la CPAM pour tracer vos démarches et exiger un traitement prioritaire.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L1226-1 du Code du travail

Tout salarié ayant une année d'ancienneté dans l'entreprise bénéficie, en cas d'absence au travail justifiée par l'incapacité résultant de maladie ou d'accident constaté par certificat médical et contre-visite s'il y a lieu, d'une indemnité complémentaire à l'allocation journalière prévue à l'article L. 321-1 du code de la sécurité sociale, à condition : 1° D'avoir justifié dans les quarante-huit heures de cette incapacité, sauf si le salarié fait partie des personnes mentionnées à l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ; 2° D'être pris en charge par la sécurité sociale ; 3° D'être soigné sur le territoire français ou dans l'un des autres Etats membres de la Communauté européenne ou dans l'un des autres Etats partie à l'accord sur l'Espace économique européen. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux salariés travaillant à domicile, aux salariés saisonniers, aux salariés intermittents et aux salariés temporaires. Un décret en Conseil d'Etat détermine les formes et conditions de la contre-visite mentionnée au premier alinéa. Le taux, les délais et les modalités de calcul de l'indemnité complémentaire sont déterminés par voie réglementaire.

📄 Article L323-3 du Code de la sécurité sociale

L'indemnité journalière prévue à l'article L. 321-1 est servie, en cas de travail à temps partiel pour motif thérapeutique, dans les cas suivants : 1° Le maintien au travail ou la reprise du travail et le travail effectué sont reconnus comme étant de nature à favoriser l'amélioration de l'état de santé de l'assuré ; 2° L'assuré doit faire l'objet d'une rééducation ou d'une réadaptation professionnelle pour recouvrer un emploi compatible avec son état de santé. Le délai mentionné au premier alinéa de l'article L. 323-1 n'est pas applicable pour le versement de cette indemnité. Les modalités de calcul de l'indemnité journalière versée en cas de travail à temps partiel pour motif thérapeutique ainsi que sa durée de versement sont déterminées par décret en Conseil d'Etat.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Décision - CTX PROTECTION SOCIALE - 23/03/2026

Quelles sont les conditions pour percevoir des indemnités journalières en cas de mi-temps thérapeutique ? — L'indemnité journalière est servie en cas de travail à temps partiel pour motif thérapeutique lorsque le maintien ou la reprise du travail favorise l'amélioration de l'état de santé de l'assuré. La CPAM doit respecter les décisions médicales concernant l'arrêt de travail et le mi-temps thérapeutique.
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il n'y a pas de subrogation
Puisqu'il n'y a **pas de subrogation**, la relation financière pour les indemnités journalières se joue directement entre la CPAM et votre salariée. Toutefois, votre responsabilité d'employeur reste engagée sur la qualité des informations transmises. Voici la stratégie spécifique à adopter dans cette configuration : ### 1. Le risque juridique de l'attestation erronée Même sans subrogation, l'employeur est responsable du préjudice causé par une erreur de transmission. La jurisprudence considère que si une erreur dans l'attestation de salaire (votre envoi du 02 juin) entraîne un retard de paiement, l'employeur peut être condamné à verser des dommages-intérêts à la salariée pour compenser ses agios ou ses difficultés financières ([Tribunal judiciaire, gnal sec soc: cpam, 03/06/2026, n° 23/01977](/decisions/6a207689cdc6046d47fdbcfb)). ### 2. Le "Coup d'après" : Pourquoi ça bloque ? En l'absence de subrogation, la CPAM attend souvent une double validation : 1. **Votre attestation rectificative** (envoyée le 19 juin). 2. **Le justificatif de paiement du salaire réduit** : Pour le mi-temps thérapeutique, la CPAM ne paie les IJSS qu'après avoir reçu l'attestation de salaire de l'employeur indiquant le salaire brut réellement perçu durant le mois. * *Question clé :* Avez-vous bien transmis l'attestation de salaire spécifique au mi-temps thérapeutique pour le mois de juin ? Sans ce montant brut réel, la CPAM ne peut pas calculer le "complément" d'IJSS. ### 3. Plan d'action stratégique **Étape 1 : Fournir les preuves à la salariée** Transmettez immédiatement à votre salariée l'accusé de dépôt (ou le duplicata) de l'attestation rectificative du 19 juin. Cela lui permettra de prouver à la CPAM, via son compte personnel Ameli, que l'employeur a fait le nécessaire. **Étape 2 : Le versement d'un acompte (Recommandé)** Comme le retard provient d'une erreur initiale de l'entreprise (attestation erronée du 02/06), il est fortement conseillé de proposer à la salariée un **acompte sur salaire** (prévu par [l'article L3242-1 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L3242-1)). * Cela neutralise le risque de contentieux pour "manquement à l'obligation de diligence". * Vous récupérerez cet acompte sur son salaire de juillet ou août, une fois qu'elle aura perçu ses IJSS. **Étape 3 : Action auprès de la CPAM** Bien que vous ne soyez pas le destinataire des fonds, vous pouvez (et devez) intervenir au titre de l'assistance administrative : * Connectez-vous sur Net-Entreprises. * Utilisez l'outil de suivi des IJSS (même sans subrogation, vous pouvez parfois voir si l'attestation est "en cours de traitement" ou "rejetée"). * Contactez le 3679 pour demander si l'attestation du 19 juin a bien été "indexée" au dossier de la salariée. ### 4. Charge de la preuve Si la salariée vous menace d'une action, vous devez être en mesure de prouver que : 1. Vous avez rectifié l'erreur dès que vous en avez eu connaissance (le 19 juin). 2. Le délai actuel relève désormais du traitement administratif de la CPAM et non plus de votre fait. **Souhaitez-vous que je rédige une attestation de l'employeur à destination de la banque de la salariée (pour lui éviter des frais de découvert) ou une note explicative pour la CPAM afin d'accélérer le dossier ?**
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L323-1 du Code de la sécurité sociale

L'indemnité journalière prévue à l'article L. 321-1 est accordée à l'expiration d'un délai déterminé suivant le point de départ de l'incapacité de travail et est due pour chaque jour ouvrable ou non. Elle peut être servie pendant une période d'une durée maximale, et calculée dans les conditions ci-après : 1°) pour les affections donnant lieu à l'application de la procédure prévue à l'article L. 324-1 , la période pendant laquelle l'indemnité journalière peut être servie est calculée de date à date pour chaque affection. Dans le cas d'interruption suivie de reprise de travail, le délai ci-dessus court à nouveau dès l'instant où la reprise du travail a été au moins d'une durée minimale ; 2°) pour les affections non mentionnées à l'article L. 324-1, l'assuré ne peut recevoir, au titre d'une ou plusieurs maladies, pour une période quelconque d'une durée fixée comme il a été dit ci-dessus, un nombre d'indemnités journalières supérieur à un chiffre déterminé.

📄 Article R441-10 du Code de la sécurité sociale

Les certificats médicaux adressés à la caisse primaire d'assurance maladie par le praticien, conformément aux dispositions de l'article L. 441-6 devront mentionner, indépendamment des renseignements prévus audit article, toutes les constatations qui pourraient présenter une importance pour la détermination de l'origine traumatique ou morbide des lésions. La formule arrêtée pour ces certificats est utilisée par le praticien pour établir le certificat médical attestant la nécessité d'interrompre le travail. Lorsque le praticien, au cours du traitement, établit la nécessité de prolonger l'interruption de travail, il adresse à la caisse primaire d'assurance maladie l'avis d'interruption de travail mentionné à l'article L. 321-2 . Ce certificat ou cet avis justifie du droit de la victime au bénéfice des indemnités journalières, sous réserve des dispositions de l'article R. 433-17. En application de l'article L. 441-6, dans les vingt-quatre heures, l'un des exemplaires du certificat de consolidation ou de guérison est adressé par les soins du praticien à la caisse primaire, le second est remis à la victime, ainsi que toutes les pièces ayant servi à l'établissement dudit certificat.

📄 Article L231-4 du Code des relations entre le public et l'administration

Par dérogation à l'article L. 231-1 , le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : 1° Lorsque la demande ne tend pas à l'adoption d'une décision présentant le caractère d'une décision individuelle ; 2° Lorsque la demande ne s'inscrit pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire ou présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif ; 3° Si la demande présente un caractère financier sauf, en matière de sécurité sociale, dans les cas prévus par décret ; 4° Dans les cas, précisés par décret en Conseil d'Etat, où une acceptation implicite ne serait pas compatible avec le respect des engagements internationaux et européens de la France, la protection de la sécurité nationale, la protection des libertés et des principes à valeur constitutionnelle et la sauvegarde de l'ordre public ; 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Décision - CTX PROTECTION SOCIALE - 19/05/2026

La CPAM peut-elle refuser le versement des indemnités journalières pour un temps partiel thérapeutique sans justifier l'absence de conditions légales ? — La CPAM doit justifier l'absence de conditions légales pour refuser le versement des indemnités journalières en cas de temps partiel thérapeutique. Si elle a versé ces indemnités jusqu'à une certaine date, cela implique qu'elle reconnaît que les conditions étaient remplies jusqu'à ce moment.

📋 Other - GNAL SEC SOC: CPAM - n°23/01977 - 03/06/2026

MOTIFS DE LA DÉCISION Selon l'article L. 332-1 du code de la sécurité sociale, l'action de l'assuré pour le paiement des prestations en espèces de l'assurance maladie se prescrit par deux ans, à compter du premier jour du trimestre suivant celui auquel se rapportent lesdites prestations. Madame [F] réclame le paiement des indemnités journalières au titre de l’arrêt de travail prescrit pour la période du 13 août 2020 au 9 septembre 2020, précisant qu’elle a adressé son arrêt de travail dans les d...

📋 Décision - Serv. contentieux social - 21/05/2026

La CPAM peut-elle réclamer le remboursement d'indemnités journalières versées à tort en raison d'une erreur dans l'attestation de salaire de l'employeur ? — La Caisse primaire d'assurance maladie peut réclamer le remboursement d'indemnités journalières versées à tort si celles-ci ont été calculées sur une base erronée due à une attestation de salaire incorrecte. L'absence de justificatifs de salaire de l'assuré peut également justifier la créance.

📋 Arret - CHAMBRE SOCIALE SECTION B - n°24/04806 - 11/06/2026

MOTIFS DE LA DÉCISION Sur la demande d'indemnités journalières 12- Selon l'article L. 313-1 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction issue de la loi n° 2015-1702 du 21 décembre 2015, applicable au litige, pour avoir droit aux indemnités journalières de l'assurance maladie, l'assuré social doit justifier, au cours d'une période de référence, soit avoir perçu des rémunérations soumises à cotisations, au sens de l'article L. 242-1, au moins égales à un montant fixé par référence au salaire...

📋 Décision - CTX PROTECTION SOCIALE - 19/05/2026

La CPAM peut-elle arrêter le versement des indemnités journalières pour un temps partiel thérapeutique sans justifier la cessation des conditions légales ? — Le juge du contentieux de la sécurité sociale doit statuer sur le bien-fondé de la contestation sans se prononcer sur la légalité de la décision de la caisse. La CPAM ne peut pas arrêter le versement des indemnités journalières sans justifier que les conditions légales ne sont plus remplies.
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