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Attribution préférentielle de la nue-propriété à un enfant héritier résidant dans la maison Droit des successions Indivision et partage successoral

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Comment se concrétise l'attribution préférentielle de la nue-propriété à un des enfant heritier déjà résidant de la maison familiale en indivision en France ?
L'attribution préférentielle est un mécanisme de droit des successions qui permet à un héritier de se faire attribuer par priorité un bien (souvent la résidence principale ou une exploitation) lors du partage, afin d'éviter que ce bien ne soit vendu ou attribué à un autre. Dans votre cas, l'attribution préférentielle de la **nue-propriété** à un enfant résidant déjà dans les lieux est une situation stratégique qui répond à des règles précises. ## 1. Les conditions de fond pour l'enfant héritier Pour que cette demande soit recevable, l'héritier doit remplir les conditions posées par [l'article 831 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+831+du+Code+civil) : * **La résidence effective :** L'enfant doit avoir sa résidence réelle et sérieuse dans l'immeuble au moment du décès. * **La qualité d'héritier copropriétaire :** Il doit être appelé à la succession en tant que propriétaire indivis. * **L'objet :** Bien que l'article 831 vise souvent les entreprises, la jurisprudence et la pratique notariale étendent ce principe à l'habitation. S'il s'agit du logement, c'est l'article 831-2 1° qui s'applique spécifiquement pour l'habitation. ## 2. La particularité de la nue-propriété Si l'enfant demande la **nue-propriété**, c'est généralement parce qu'il existe un conjoint survivant qui conserve l'usufruit (soit par la loi, soit par donation entre époux). * L'attribution préférentielle peut porter sur la nue-propriété seule. * **L'avantage stratégique :** Cela permet à l'enfant de sécuriser la propriété future du bien tout en respectant le droit au logement du parent survivant. * **Le coût :** La valeur de la nue-propriété étant inférieure à la pleine propriété (selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI ou un barème économique), la "soulte" (la compensation financière) à verser aux autres frères et sœurs sera moins élevée. ## 3. La procédure de concrétisation L'attribution n'est jamais automatique (sauf cas très spécifiques de petites exploitations agricoles visées à [l'article 832 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+832+du+Code+civil)). 1. **La demande :** Elle doit être formulée au moment des opérations de partage devant le notaire. 2. **L'accord amiable :** Si tous les co-héritiers sont d'accord, le notaire acte l'attribution dans l'acte de partage. 3. **Le recours judiciaire :** En cas de refus des autres héritiers, c'est le Tribunal Judiciaire qui tranche. Le juge apprécie les intérêts en présence (le fait que l'enfant y réside déjà est un argument fort). Comme rappelé dans le principe de [l'article 840 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+840+du+Code+civil), si l'un des indivisaires refuse le partage amiable, il doit être fait en justice. --- ### ⚠️ L'anticipation de l'adversaire (Le "Coup d'après") Vos frères et sœurs (ou les autres héritiers) pourraient s'opposer à cette attribution en avançant deux arguments : * **La sous-évaluation :** Ils contesteront la valeur du bien pour augmenter la soulte que vous devrez leur verser. * **L'indemnité d'occupation :** Puisque vous résidez déjà dans les lieux, ils exigeront probablement que vous payiez une indemnité d'occupation à l'indivision pour la période allant du décès jusqu'au partage définitif, ce qui peut réduire votre part nette. ### 📋 La charge de la preuve Pour maximiser vos chances devant un juge ou un notaire, vous devez prouver votre résidence **effective** : * Factures d'énergie (EDF, gaz) à votre nom à cette adresse. * Avis d'imposition à cette adresse. * Justificatifs d'entretien du bien que vous auriez assumés seul. ### 💡 Conseil stratégique Si la situation est bloquée, une expertise immobilière contradictoire est souvent nécessaire pour fixer la valeur de la nue-propriété. Comme illustré dans la jurisprudence récente [Tribunal judiciaire, 22/06/2026, n° 25/01256](/decisions/6a3998a0cdc6046d47490f7c), le juge désigne fréquemment un expert pour évaluer les biens et composer les lots afin de sortir de l'indivision. **Souhaitez-vous que je rédige une proposition de courrier à adresser au notaire ou à vos co-héritiers pour formuler officiellement cette demande d'attribution préférentielle ?**
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 831 du Code civil

Le conjoint survivant ou tout héritier copropriétaire peut demander l'attribution préférentielle par voie de partage, à charge de soulte s'il y a lieu, de toute entreprise, ou partie d'entreprise agricole, commerciale, industrielle, artisanale ou libérale ou quote-part indivise d'une telle entreprise, même formée pour une part de biens dont il était déjà propriétaire ou copropriétaire avant le décès, à l'exploitation de laquelle il participe ou a participé effectivement. Dans le cas de l'héritier, la condition de participation peut être ou avoir été remplie par son conjoint ou ses descendants. S'il y a lieu, la demande d'attribution préférentielle peut porter sur des droits sociaux, sans préjudice de l'application des dispositions légales ou des clauses statutaires sur la continuation d'une société avec le conjoint survivant ou un ou plusieurs héritiers.

📄 Article 832 du Code civil

L'attribution préférentielle visée à l'article 831 est de droit pour toute exploitation agricole qui ne dépasse pas les limites de superficie fixées par décret en Conseil d'Etat, si le maintien dans l'indivision n'a pas été ordonné.

📄 Article 832-1 du Code civil

Si le maintien dans l'indivision n'a pas été ordonné et à défaut d'attribution préférentielle en propriété dans les conditions prévues à l'article 831 ou à l'article 832 , le conjoint survivant ou tout héritier copropriétaire peut demander l'attribution préférentielle de tout ou partie des biens et droits immobiliers à destination agricole dépendant de la succession en vue de constituer avec un ou plusieurs cohéritiers et, le cas échéant, un ou plusieurs tiers, un groupement foncier agricole. Cette attribution est de droit si le conjoint survivant ou un ou plusieurs des cohéritiers remplissant les conditions personnelles prévues à l'article 831, ou leurs descendants participant effectivement à l'exploitation, exigent que leur soit donné à bail, dans les conditions fixées au chapitre VI du titre Ier du livre IV du code rural et de la pêche maritime, tout ou partie des biens du groupement. En cas de pluralité de demandes, les biens du groupement peuvent, si leur consistance le permet, faire l'objet de plusieurs baux bénéficiant à des cohéritiers différents. Si les clauses et conditions de ce bail ou de ces baux n'ont pas fait l'objet d'un accord, elles sont fixées par le tribunal. Les biens et droits immobiliers que les demandeurs n'envisagent pas d'apporter au groupement foncier agricole, ainsi que les autres biens de la succession, sont attribués par priorité, dans les limites de leurs droits successoraux respectifs, aux indivisaires qui n'ont pas consenti à la formation du groupement. Si ces indivisaires ne sont pas remplis de leurs droits par l'attribution ainsi faite, une soulte doit leur être versée. Sauf accord amiable entre les copartageants, la soulte éventuellement due est payable dans l'année suivant le partage. Elle peut faire l'objet d'une dation en paiement sous la forme de parts du groupement foncier agricole, à moins que les intéressés, dans le mois suivant la proposition qui leur en est faite, n'aient fait connaître leur opposition à ce mode de règlement. Le partage n'est parfait qu'après la signature de l'acte constitutif du groupement foncier agricole et, s'il y a lieu, du ou des baux à long terme.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - CONTENTIEUX PRESIDENCE - n°26/02563 - 24/06/2026

SUR QUOI Sur la demande d’autorisation de vente du bien immobilier L’article 815-6 du Code civil énonce que le Président du Tribunal judiciaire peut prescrire ou autoriser toutes les mesures urgentes que requiert l'intérêt commun. Il peut notamment autoriser un indivisaire à conclure seul un acte de vente d'un bien indivis lorsque cette mesure est justifiée par l’urgence et l’intérêt commun. L’article 1380 du Code de procédure civile « Les demandes formées en application des articles 772, 794, 8...

📋 Other - CIVIL + 10 000 - n°25/01256 - 22/06/2026

MOTIFS : La demande d’ouverture des opérations de liquidation et partage:Aux termes de l’article 815 du code civil, « Nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu’il n’y ait été sursis par jugement ou convention ». En vertu de l’article 840 du même code, le partage est fait en justice lorsque l’un des indivisaires refuse de consentir au partage amiable ou s’il s’élève des contestations sur la manière d’y procéder ou de le terminer ...
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