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Retenue dépôt de garantie pour taches non mentionnées à l'état des lieux de sortie Droit immobilier Vices cachés et achat immobilier

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Bonjour Maître,

Je sollicite votre avis concernant un litige avec mon ancienne bailleresse relatif à une retenue de 30 € sur mon dépôt de garantie pour deux taches sur une table.

Un état des lieux d’entrée a été établi. Lors de mon départ, un état des lieux de sortie a été réalisé contradictoirement, en présence de la bailleresse, qui a vérifié le logement et inscrit plusieurs observations. Le document a ensuite été signé. Aucune tache ni dégradation de la table n’y est mentionnée.

Après mon départ, la bailleresse affirme avoir découvert deux taches sous une nappe et souhaite retenir 30 €. Elle soutient que la nappe aurait servi à dissimuler les taches et invoque un « dol ou vice caché » permettant selon elle de contester l’état des lieux signé.

Je conteste formellement avoir causé ces taches ou avoir voulu dissimuler une dégradation. La nappe servait à protéger et décorer la table et a été laissée avec l’accord de la locataire suivante. La bailleresse affirme pouvoir produire les états des lieux des précédents occupants montrant que la table n’était pas endommagée.

1. Peut-elle légalement retenir ces 30 € malgré l’absence de toute mention sur l’état des lieux de sortie signé ? Une nappe recouvrant la table suffit-elle à caractériser un dol ou une dissimulation permettant de remettre en cause cet état des lieux ?

Par ailleurs, nos échanges concernant le bail se font habituellement via l’adresse e-mail de la bailleresse figurant sur le bail et ses courriers, qu’elle utilise également pour m’envoyer les décomptes. Après plusieurs LRAR, j’ai répondu à son dernier recommandé par e-mail afin d’éviter de multiplier les frais postaux.

2. Cet e-mail constitue-t-il une réponse et une preuve juridiquement exploitable devant la CDC ou un juge, même sans réponse de sa part ? Dois-je répondre par LRAR à chacun de ses courriers ?

Je dispose de l’ensemble des états des lieux, courriers, décomptes et e-mails.

Merci par avance pour votre avis.
## Avis juridique ### 1. Retenue de 30 € sur le dépôt de garantie L’état des lieux de sortie contradictoire et signé constitue un élément de preuve important. S’il décrit la table sans mentionner de tache ou de dégradation, la bailleresse devra démontrer que les taches existaient déjà au départ et qu’elles vous sont imputables. Elle peut produire des photographies, devis, factures ou témoignages, mais une simple affirmation postérieure ne suffit pas nécessairement à justifier la retenue. Le montant doit également correspondre à une réparation réellement nécessaire et être justifié. L’argument du « dol » ou du « vice caché » paraît fragile : - le dol suppose une manœuvre intentionnelle destinée à tromper l’autre partie ; - le fait d’avoir posé une nappe sur une table ne caractérise pas, à lui seul, une dissimulation frauduleuse ; - la bailleresse était présente lors de l’état des lieux et pouvait examiner le mobilier ; - il faudrait démontrer que vous connaissiez les taches, qu’elles vous étaient imputables et que vous avez volontairement cherché à les cacher. L’absence d’observation dans un état des lieux signé ne rend pas toute contestation absolument impossible, mais elle place la bailleresse dans une situation probatoire défavorable. L’article 1731 du Code civil concerne surtout l’absence d’état des lieux ; il ne correspond donc pas directement à votre situation. [Article 1731 du Code civil](/articles/code-civil/1731) Les états des lieux des précédents occupants pourraient établir que la table était auparavant en bon état, mais ils ne prouveraient pas automatiquement que vous avez causé les taches ni qu’elles étaient dissimulées. ### 2. Valeur de votre e-mail Votre e-mail peut être produit devant la commission départementale de conciliation ou un juge, notamment parce qu’il a été envoyé à l’adresse habituellement utilisée par la bailleresse et figurant dans vos échanges contractuels. L’écrit électronique a la même force probante qu’un écrit papier si l’auteur peut être identifié et si l’intégrité du message est garantie. [Article 1366 du Code civil](/articles/code-civil/1366) Conservez donc : - le courriel dans son format original ; - les en-têtes ou éléments permettant d’identifier l’adresse destinataire ; - les pièces jointes ; - la preuve de son envoi ; - l’intégralité de la chaîne d’échanges. L’absence de réponse de la bailleresse ne prive pas votre e-mail de sa valeur. Elle signifie seulement que son silence ne vaut pas nécessairement reconnaissance de vos arguments. Vous n’êtes pas obligé de répondre par LRAR à chacun de ses courriers. En revanche, pour une contestation importante ou une mise en demeure, la LRAR est préférable afin de dater officiellement votre position et de démontrer votre démarche préalable. Vous pouvez joindre votre e-mail antérieur en indiquant qu’il constituait déjà une réponse. ## Stratégie conseillée 1. Envoyer une dernière LRAR contestant la retenue et demandant le remboursement des 30 € dans un délai raisonnable. 2. Joindre l’état des lieux de sortie signé et rappeler précisément qu’aucune tache n’y figure. 3. Demander les justificatifs précis de la retenue : photographies datées, devis ou facture. 4. En cas de refus, saisir la commission départementale de conciliation puis, si nécessaire, le juge compétent. *(Sources complémentaires — recherche web)* Aucune jurisprudence officielle vérifiable n’a été trouvée pour cette question.
⚖️

Sources officielles Légifrance

📄 Article 1731 du Code civil

S'il n'a pas été fait d'état des lieux, le preneur est présumé les avoir reçus en bon état de réparations locatives, et doit les rendre tels, sauf la preuve contraire.

📄 Article L632-1 du Code de la construction et de l'habitation

I.-Une location d'un logement meublé constituant la résidence principale du preneur est soumise au titre Ier bis de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986. Lorsque le bailleur est titulaire d'un bail commercial venant à expiration ou lorsque la cessation d'activité est prévue, le contrat peut être d'une durée inférieure à un an et doit mentionner les raisons et événements justificatifs. Si le bail commercial est renouvelé ou si l'activité est poursuivie, la durée du contrat est portée à un an. A peine d'irrecevabilité de la demande, l'assignation par l'exploitant d'un établissement recevant du public aux fins d'hébergement, aux fins de constat de résiliation ou de prononcé de la résiliation du bail d'une personne dont le logement loué meublé constitue la résidence principale est notifiée, à la diligence de l'huissier de justice, au représentant de l'Etat dans le département, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, au moins un mois avant l'audience, afin qu'il informe les services compétents, notamment les organismes chargés du service des aides au logement et le fonds de solidarité pour le logement. II.-Lorsque la location d'un local meublé constituant la résidence principale du preneur est située dans un établissement recevant du public aux fins d'hébergement, celle-ci est soumise au titre Ier bis de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 précitée. Ne sont pas applicables à cette location les articles 3-2, 3-3 , 18 , 24-1 , 25-4 et 25-11 de la même loi. Le local loué mentionné au premier alinéa doit être équipé du mobilier nécessaire au sommeil et à la vie courante du locataire ainsi qu'être pourvu de chauffage, d'une alimentation en eau et de sanitaires. Lorsqu'un locataire ou plusieurs locataires ont avec le même bailleur un litige locatif ayant une origine commune, ils peuvent donner par écrit mandat d'agir en justice en leur nom et pour leur compte à une association dont l'un des objets est l'insertion ou le logement des personnes défavorisées ou à une association de défense des personnes en situation d'exclusion par le logement mentionnées à l'article 3 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement. Une de ces associations peut assister ou représenter un locataire, selon les modalités définies à l'article 828 du code de procédure civile, en cas de litige portant sur le respect des caractéristiques de décence de son logement.

📄 Article 1366 du Code civil

L'écrit électronique a la même force probante que l'écrit sur support papier, sous réserve que puisse être dûment identifiée la personne dont il émane et qu'il soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l'intégrité.
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