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Annulation vente pour défaut de déclaration préalable de division en copropriété Droit immobilier Travaux et urbanisme

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J'ai acheté un bien immobilier il y a dix mois, en copropriété nouvellement créé il y a 24 mois par un notaire. J'ai découvert quatre mois plus tard que mon appartement n'a pas fait l'objet d'une déclaration préalable de division à l'urbanisme et la copropriété est sans syndic et sans aucun plan prévisionnel de travaux ni de charges connues. Je souhaite annuler la vente
**L’annulation est envisageable, mais elle n’est pas automatique.** L’absence de déclaration préalable, l’absence de syndic et l’incertitude sur les charges peuvent soutenir une action pour **dol** ou **erreur déterminante**, à condition de prouver que ces éléments existaient lors de la vente et qu’ils ont déterminé votre consentement. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000033564985/?utm_source=openai)) ## 1. Fondement principal : le dol Le vendeur pourrait être accusé d’avoir volontairement dissimulé : - l’absence de régularisation urbanistique de la division ; - l’absence de fonctionnement normal de la copropriété ; - l’absence de budget prévisionnel, de charges connues ou d’organisation par un syndic ; - éventuellement, les risques de remise en conformité ou de travaux importants. Le dol suppose une dissimulation intentionnelle d’une information déterminante pour l’acheteur. [Article 1130 du Code civil](/articles/code-civil/1130) ## 2. Attention : l’absence de syndic ne suffit probablement pas seule La Cour de cassation a déjà retenu que **l’absence de syndic**, à elle seule, ne constituait pas nécessairement un vice caché rendant le logement impropre à son usage ou diminuant suffisamment son usage pour justifier l’annulation. La responsabilité du notaire ou du vendeur peut toutefois être discutée si cette situation n’a pas été portée à la connaissance de l’acquéreur. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000033564985/?utm_source=openai)) De même, l’absence de plan pluriannuel de travaux ou de charges prévisionnelles ne provoque pas automatiquement la nullité de la vente. Il faudra démontrer un **préjudice concret** ou une information volontairement occultée. ## 3. Le point urbanistique est potentiellement le plus fort Il faut d’abord vérifier si une déclaration préalable était juridiquement obligatoire : cela dépend notamment de la nature exacte de la division, de la création éventuelle de lots, de la modification des façades, des accès, de la destination et du règlement local d’urbanisme. Obtenez rapidement auprès de la mairie : 1. le dossier d’urbanisme concernant la division ; 2. un certificat indiquant si une déclaration préalable ou un permis était requis ; 3. la situation administrative actuelle des lots ; 4. les éventuelles mesures de mise en conformité ou infractions. Une irrégularité urbanistique connue du vendeur mais non révélée peut renforcer sérieusement le dol. En revanche, si aucune autorisation n’était nécessaire, cet argument disparaîtra. ## 4. Ce que le vendeur opposera probablement Le vendeur soutiendra notamment : - que vous avez acheté en connaissance de l’état juridique du bien ; - que les documents de copropriété étaient annexés à l’acte ; - que l’absence de syndic était visible ou facilement vérifiable ; - que l’irrégularité urbanistique n’a pas influencé votre décision ; - que vous avez continué à occuper le logement pendant dix mois. Il faudra donc examiner précisément l’acte authentique, ses annexes, le règlement de copropriété, l’état descriptif de division, les échanges précontractuels et les mentions relatives aux charges et à l’urbanisme. ## 5. Stratégie immédiate ### Étape 1 — Ne demandez pas seulement « l’annulation » Faites établir par un avocat en droit immobilier une assignation visant, selon les preuves : - la nullité de la vente ; - la restitution du prix ; - le remboursement des frais directement liés à l’achat ; - l’indemnisation du préjudice de jouissance et des frais engagés ; - subsidiairement, une réduction du prix et des dommages-intérêts contre le vendeur et éventuellement le notaire. ### Étape 2 — Préservez les preuves Réunissez : - acte authentique et compromis ; - règlement de copropriété et état descriptif de division ; - annonces et descriptif commercial ; - courriels ou messages du vendeur et du notaire ; - documents de mairie ; - preuve de l’absence de syndic et d’assemblées générales ; - appels de charges, devis ou travaux révélant le coût réel de la situation. **La preuve de la connaissance et de la dissimulation par le vendeur sera déterminante.** Sans document montrant qu’il savait l’irrégularité ou qu’il a présenté la copropriété comme normalement organisée, l’annulation sera nettement plus incertaine. ### Étape 3 — Évitez une rupture unilatérale Ne cessez pas de payer les charges, le prêt ou les sommes contractuellement dues sans conseil préalable. Une mise en demeure peut être adressée au vendeur, mais elle ne remplace pas une action judiciaire en nullité. ### Risque global Votre dossier paraît **sérieux à instruire**, surtout sur l’urbanisme, mais il est trop tôt pour affirmer que la vente sera annulée. L’absence de syndic et l’absence de budget sont plutôt des éléments aggravants ; ils ne suffiront probablement pas seuls. *Sources complémentaires — recherche web* : la jurisprudence vérifiable trouvée confirme notamment que l’absence de syndic n’est pas automatiquement un vice caché justifiant l’annulation, tandis que l’annulation rétroactive d’une vente entraîne en principe la restitution des conséquences liées aux charges. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000033564985/?utm_source=openai)) Si vous le souhaitez, je peux vous préparer une **mise en demeure au vendeur et au notaire**, en réservant expressément votre demande d’annulation et de restitution du prix.
Sources(2)
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Une expertise judiciaire basé sur l'aspect urbanistique est donc nécessaire
**Non, une expertise judiciaire n’est pas automatiquement nécessaire.** Elle devient stratégique si la mairie ne confirme pas clairement l’irrégularité, si le vendeur ou le notaire la contestent, ou si vous devez établir que la division était illégale, non régularisable et déterminante de votre consentement. ## Ce qu’il faut obtenir d’abord Demandez à la mairie, par écrit : - si une déclaration préalable ou un permis était requis ; - si une autorisation a été déposée et accordée ; - si la division et la destination de l’appartement sont régulières ; - si une régularisation est possible ; - quelles seraient les mesures et le coût de mise en conformité. Une **attestation ou réponse officielle de l’urbanisme** peut parfois suffire à établir l’irrégularité, sans expertise judiciaire. ## Quand demander une expertise judiciaire L’expertise est pertinente si elle doit déterminer : 1. la consistance réelle des lots par rapport à l’état descriptif de division ; 2. la nature exacte de la division réalisée ; 3. la nécessité d’une autorisation d’urbanisme ; 4. la conformité de l’appartement à la destination autorisée ; 5. la possibilité ou non d’une régularisation ; 6. le coût des travaux et la perte de valeur du bien. Elle doit être sollicitée devant le **juge des référés du tribunal judiciaire**, avant le procès au fond, avec une mission précisément rédigée. Il faut généralement démontrer l’existence d’un motif légitime de conserver ou d’établir la preuve. ## Intérêt pour votre demande d’annulation Une expertise ne prononcera pas l’annulation. Elle fournira les éléments techniques permettant ensuite d’invoquer notamment : - subsidiairement, la responsabilité du vendeur et éventuellement du notaire. La jurisprudence montre que l’annulation ou la résolution peut être admise lorsque le lot vendu n’a pas d’existence légale, est contraire aux règles d’urbanisme et n’est pas régularisable. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000036635532?utm_source=openai)) En revanche, une simple absence de document ou de syndic ne suffira probablement pas : il faut établir une **irrégularité substantielle**, un risque concret et son caractère déterminant lors de l’achat. ## Stratégie recommandée 1. Obtenir immédiatement la position écrite de la mairie. 2. Faire analyser l’acte, le règlement de copropriété et l’état descriptif par un avocat immobilier. 3. Adresser une mise en demeure au vendeur et au notaire, sans renoncer à vos droits. 4. En cas de contestation, demander une expertise judiciaire en référé, puis engager l’action en nullité ou en résolution. *(Sources complémentaires — recherche web)* : la Cour de cassation a également retenu la responsabilité du notaire lorsqu’il ne vérifie pas suffisamment l’existence légale et la destination urbanistique du bien vendu. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000036635532?utm_source=openai))
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