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Exécution forcée : un indivisaire peut-il libérer seul des parties communes occupées ? Droit immobilier Copropriété et syndic

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UNE INDIVISON SUCCESSORALE A ETE CONDAMNEE A LIBERER LES PARTIES COMMUES OCCUPEE SUR LESQUELLES ELLE AVAIT CONSTRUIT UNE EXTENSYIONDE SON LOCAL COMMERCIAL. LE RACHAT DE CES PARTIES COMMUNES AVAIT ETE ENVISAGE MAIS EST BLOQUE DEPUIS DES ANNEES EN RAISON DE TENSIONS ENTRE LES INDIVISAIRES. UN DES QUATRE INDIVISAIRES EST OPPOSE AU RACHAT DES PARTIES COMMUNES ET VEUT QUE LE JUGEMENT QUI ORDONNAIT LE RESTITUTION DES PARTIES COMMUNES A LA COPROPRIETE SOIT EXECUTE.
PEUT IL TOUT SEUL FAIRE LIBERER LES PARTIES COMMUNES OCCUPEES ILLEGALEMENT ?
La situation que vous décrivez est complexe car elle mêle le droit de la copropriété (occupation illicite des parties communes) et le droit de l'indivision (désaccord sur la stratégie à adopter). Voici l'analyse stratégique de la situation pour déterminer si un seul indivisaire peut exiger l'exécution du jugement de libération des lieux. ## 1. Le principe : L'exécution forcée par un seul indivisaire En droit français, un indivisaire peut, en théorie, agir seul pour effectuer des **actes conservatoires**, c'est-à-dire des actes nécessaires à la conservation des biens indivis. Cependant, l'exécution d'un jugement ordonnant la libération de parties communes (ce qui implique souvent une démolition de l'extension construite) est un acte grave. * **L'argument de l'indivisaire opposant :** Il pourra arguer que l'exécution du jugement est nécessaire pour éviter des sanctions financières plus lourdes pour l'indivision (astreintes journalières, dommages et intérêts à la copropriété). * **Le risque pour lui :** Si les trois autres indivisaires prouvent que le rachat est une solution plus économique et protectrice de l'intérêt commun (sauvegarde du local commercial), l'action de l'indivisaire isolé pourrait être contestée. ## 2. Le "Coup d'après" : La stratégie de blocage Si cet indivisaire tente de faire exécuter le jugement seul (en mandatant un huissier par exemple), les trois autres peuvent répliquer sur deux fronts : 1. **L'abus de droit :** Si le rachat des parties communes est objectivement possible et financièrement plus avantageux que la démolition, l'opposition systématique de l'un des membres peut être considérée comme un abus, surtout si elle est motivée par des tensions personnelles et non par l'intérêt de l'indivision. 2. **L'autorisation judiciaire de passer outre :** Selon [l'article 815-5 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815-5+Code+civil), les trois autres indivisaires peuvent demander au juge l'autorisation de passer seuls l'acte de rachat des parties communes, si le refus de l'opposant **met en péril l'intérêt commun**. Le fait de risquer la destruction d'une partie d'un local commercial (perte de valeur vénale et locative) est un argument fort de "péril". ## 3. La charge de la preuve et les risques Pour que l'indivisaire opposant réussisse ou, à l'inverse, pour que les trois autres le bloquent, voici les éléments clés : * **L'existence d'une astreinte :** Si le jugement de condamnation est assorti d'une astreinte (ex: 100€ par jour de retard), l'indivisaire qui veut exécuter le jugement a un argument de poids : il protège l'indivision d'une dette croissante. * **Le trouble manifestement illicite :** La jurisprudence, notamment le [Tribunal judiciaire, ch 10 referes, 09/10/2025](/decisions/68ed6b350da7cb996dcb5de8), rappelle que la libération d'un bien peut être ordonnée dès lors qu'un trouble illicite est caractérisé. L'occupation sans titre des parties communes est, par définition, un trouble illicite. ## 4. Synthèse et recommandation stratégique **L'indivisaire peut-il agir seul ?** Il ne peut pas "physiquement" libérer les lieux lui-même, mais il peut mandater un commissaire de justice (huissier) pour signifier le jugement et engager les mesures d'exécution forcée au nom de l'indivision, au motif qu'il s'agit de mettre fin à une situation d'illégalité qui génère une responsabilité civile pour tous. **Conseils pour les 3 autres indivisaires :** 1. **Mise en demeure :** Adressez-lui une mise en demeure formelle lui demandant de consentir au rachat, en chiffrant précisément la perte de valeur du local en cas de démolition. 2. **Action en référé (Art. 815-5) :** N'attendez pas qu'il mandate un huissier. Saisissez le Président du Tribunal Judiciaire pour solliciter l'autorisation de signer l'acte d'acquisition des parties communes sans son accord, en invoquant l'intérêt commun de l'indivision successorale. 3. **Provoquer le partage :** En dernier recours, rappelez-lui que selon [l'article 815-17 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815-17+Code+civil), les créanciers ou les indivisaires peuvent provoquer le partage pour sortir de l'impasse. Si vous le souhaitez, je peux rédiger un modèle de mise en demeure à adresser à l'indivisaire opposant pour tenter de débloquer la situation amiablement avant la procédure judiciaire.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 815-14 du Code civil

L'indivisaire qui entend céder, à titre onéreux, à une personne étrangère à l'indivision, tout ou partie de ses droits dans les biens indivis ou dans un ou plusieurs de ces biens est tenu de notifier par acte extrajudiciaire aux autres indivisaires le prix et les conditions de la cession projetée ainsi que les nom, domicile et profession de la personne qui se propose d'acquérir. Tout indivisaire peut, dans le délai d'un mois qui suit cette notification, faire connaître au cédant, par acte extrajudiciaire, qu'il exerce un droit de préemption aux prix et conditions qui lui ont été notifiés. En cas de préemption, celui qui l'exerce dispose pour la réalisation de l'acte de vente d'un délai de deux mois à compter de la date d'envoi de sa réponse au vendeur. Passé ce délai, sa déclaration de préemption est nulle de plein droit, quinze jours après une mise en demeure restée sans effet, et sans préjudice des dommages-intérêts qui peuvent lui être demandés par le vendeur. Si plusieurs indivisaires exercent leur droit de préemption, ils sont réputés, sauf convention contraire, acquérir ensemble la portion mise en vente en proportion de leur part respective dans l'indivision. Lorsque des délais de paiement ont été consentis par le cédant, l'article 828 est applicable.

📄 Article 815-5 du Code civil

Un indivisaire peut être autorisé par justice à passer seul un acte pour lequel le consentement d'un coïndivisaire serait nécessaire, si le refus de celui-ci met en péril l'intérêt commun. Le juge ne peut, à la demande d'un nu-propriétaire, ordonner la vente de la pleine propriété d'un bien grevé d'usufruit contre la volonté de l'usufruitier. L'acte passé dans les conditions fixées par l'autorisation de justice est opposable à l'indivisaire dont le consentement a fait défaut.

📄 Article 815-17 du Code civil

Les créanciers qui auraient pu agir sur les biens indivis avant qu'il y eût indivision, et ceux dont la créance résulte de la conservation ou de la gestion des biens indivis, seront payés par prélèvement sur l'actif avant le partage. Ils peuvent en outre poursuivre la saisie et la vente des biens indivis. Les créanciers personnels d'un indivisaire ne peuvent saisir sa part dans les biens indivis, meubles ou immeubles. Ils ont toutefois la faculté de provoquer le partage au nom de leur débiteur ou d'intervenir dans le partage provoqué par lui. Les coïndivisaires peuvent arrêter le cours de l'action en partage en acquittant l'obligation au nom et en l'acquit du débiteur. Ceux qui exerceront cette faculté se rembourseront par prélèvement sur les biens indivis.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Décision - Ch 10 REFERES - 09/10/2025

Quelles sont les conséquences juridiques de la demande de libération d'un bien immobilier en indivision ? — La libération d'un bien immobilier en indivision peut être ordonnée par le juge des référés lorsque le trouble manifestement illicite est caractérisé. En cas de non-exécution, des astreintes peuvent être appliquées.
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