Je souhaite avoir votre avis sur la possibilité d’obtenir de mes assurances prévoyance et emprunteur une reconnaissance d’invalidité totale à compter du 1er août 2023, date de cessation définitive de mon activité de chirurgien-dentiste libérale.
Mes premiers symptômes sont apparus début 2020 puis ont progressivement évolué avec l’apparition de troubles sensitifs, de difficultés de concentration et de précision gestuelle.
À partir de fin 2021, j’ai adapté mon activité en réduisant mon temps de travail et en prenant un collaborateur. Malgré ces adaptations, mes difficultés se sont aggravées courant 2022 : perte de précision des gestes, lâchers d’instruments, difficultés de contrôle de certains gestes techniques, fatigue importante limitant ma vigilance et ma concentration.
Au printemps 2023, j’ai envisagé l’arrêt de mon activité car je ne me sentais plus capable d’exercer dans des conditions de sécurité suffisantes pour mes patients. J’ai cessé définitivement mon activité au 1er août 2023
Entre 2020 et 2023, plusieurs consultations et examens ont été réalisés, sans diagnostic posé. Ma scoliose, connue depuis l’adolescence, était l’hypothèse envisagée mais elle était stable et n’expliquait pas l’ensemble des symptômes. Je n’avais pas d’autre explication à cette période.
En avril 2023, les EMG ont mis en évidence une atteinte neurologique sans atteinte radiculaire, avec suspicion de syndrome CANVAS, confirmé génétiquement en juillet 2025. J’ai été reconnue en invalidité à compter du 1er novembre 2023 par ma caisse de retraite, sur la base de l’évolution de mes symptômes et de mon impossibilité à poursuivre mon activité professionnelle.
Question : au regard de cette chronologie et des pièces disponibles est-il possible de demander à mes assurances une reconnaissance d’invalidité totale au 1er août 2023, malgré le fait que le diagnostic définitif n’ait été posé qu’en 2025 ?
Au regard des éléments que vous présentez, la réponse est **oui, il est tout à fait possible (et stratégiquement fondé)** de solliciter une reconnaissance d'invalidité totale au 1er août 2023, même si le diagnostic génétique (syndrome CANVAS) n'a été confirmé qu'en 2025.
En droit des assurances, ce n'est pas la date du diagnostic "nommé" qui importe, mais la date de la **survenance de l'état d'invalidité** rendant impossible l'exercice de la profession.
Voici l'analyse stratégique de votre situation :
## 1. L'anticipation de l'argumentaire de l'assureur ("Le coup d'après")
Les assureurs (prévoyance et emprunteur) risquent de vous opposer deux arguments principaux pour tenter de décaler la date de prise en charge ou de la refuser :
* **L'état antérieur :** Ils pourraient arguer que votre scoliose, connue depuis l'adolescence, est à l'origine de l'invalidité. Or, le diagnostic de 2025 prouve qu'il s'agit d'une pathologie neurologique distincte.
* **L'absence de diagnostic en 2023 :** Ils soutiendront peut-être qu'au 1er août 2023, l'invalidité n'était pas "caractérisée" faute de nom sur la maladie.
**Votre contre-argument :** L'invalidité est une notion **fonctionnelle** et non nosologique (le nom de la maladie). L'impossibilité d'exercer l'art dentaire (gestes de précision, vigilance) est un fait matériel qui existait au 1er août 2023, corroboré par les examens EMG d'avril 2023.
## 2. La charge de la preuve : les pièces clés
Selon [l'article 1353 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1353+Code+civil), c'est à vous de prouver que votre état au 1er août 2023 correspondait aux critères d'invalidité totale de vos contrats.
Vous devez réunir un dossier "chronologique" montrant l'incompatibilité de votre état avec la chirurgie dentaire :
* **Les résultats de l'EMG d'avril 2023 :** C'est la pièce maîtresse. Elle prouve une atteinte neurologique objective *avant* la cessation d'activité.
* **La décision de la CARCDSF :** Le fait que votre caisse de retraite vous ait reconnu invalide au 1er novembre 2023 est un "commencement de preuve" puissant, même si l'assureur n'est pas lié par cette décision (autonomie du contrat d'assurance).
* **Preuves de l'adaptation de l'activité :** Les contrats de collaboration et les bilans comptables montrant la baisse d'activité dès 2021 prouvent la "dégradation progressive" et la bonne foi (vous avez tenté de maintenir l'activité).
* **Le diagnostic de 2025 :** Il sert de "preuve rétrospective". Il vient expliquer scientifiquement pourquoi, en 2023, vous perdiez votre précision gestuelle.
## 3. Évaluation des risques et stratégie (Go / No-Go)
### Les points de vigilance :
* **Délais de prescription :** En droit des assurances, la prescription est de **2 ans** ([Article L114-1 du Code des assurances](https://www.google.com/search?q=Article+L114-1+Code+des+assurances)). Si vous n'avez pas encore déclaré le sinistre, faites-le immédiatement par lettre recommandée pour interrompre ce délai concernant les échéances de 2023.
* **Définition contractuelle :** Vérifiez si votre contrat définit l'invalidité par rapport à "toute profession" ou "votre profession de chirurgien-dentiste" (clause "professionnelle"). Pour un libéral, c'est crucial.
### Risque procédural :
L'assureur mandatera presque certainement un médecin expert. Ce médecin pourrait être tenté de fixer la date d'invalidité à la date du diagnostic génétique (2025).
**Conseil :** Ne vous rendez jamais à cette expertise seule. Faites-vous assister par un **médecin conseil de victimes** (indépendant des assurances) qui saura démontrer, sur la base de l'EMG de 2023, que les critères cliniques de l'invalidité étaient réunis dès le 1er août 2023.
## 4. Plan d'action recommandé
1. **Notification immédiate :** Envoyez une déclaration de sinistre à vos deux assureurs (si ce n'est pas fait) en visant la date du 1er août 2023.
2. **Dossier médical de synthèse :** Demandez au neurologue qui vous suit un certificat médical détaillé expliquant que les symptômes constatés en 2023 (perte de précision, lâcher d'instruments) étaient les manifestations cliniques précoces du syndrome CANVAS confirmé ultérieurement, et qu'ils rendaient l'exercice de la dentisterie dangereux dès cette date.
3. **Mise en demeure :** Si l'assureur refuse de remonter en 2023, invoquez [l'article 1103 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1103+Code+civil) sur la force obligatoire des contrats : si le risque s'est réalisé (impossibilité d'exercer), ils doivent leur garantie.
**Souhaitez-vous que je rédige un modèle de lettre de déclaration de sinistre ou de contestation de la date de prise en charge, intégrant ces arguments médicaux et juridiques ?**
⚖️
Sources officielles Légifrance
📄 Article 1103 du Code civil
Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits.
📄 Article 1353 du Code civil
Celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation.
?
J’ai envoyé mon dossier à l’assurance le 21 avril 2026 mais à ce jour je n’ai aucune réponse de leur part malgré une relance par mail. Est ce normal et que dois je faire? J’ai également consulté une avocate mais elle ne me répond pas
Ce silence combiné de votre assureur et de votre avocate est anormal et préjudiciable, surtout au regard des enjeux financiers et de la complexité de votre pathologie.
Voici l'analyse stratégique de votre situation et les actions à mener immédiatement.
### 1. Concernant l'assurance : Le risque de l'inertie
Un délai de plus de deux mois sans la moindre réponse (pas même un accusé de réception ou une demande de pièces complémentaires) est excessif.
* **Le danger :** L'assureur joue la montre. En matière d'assurance, la prescription est très courte : **2 ans** ([Article L114-1 du Code des assurances](https://www.google.com/search?q=Article+L114-1+Code+des+assurances)). Votre courrier du 21 avril 2026 a interrompu la prescription, mais le silence bloque le versement de vos rentes ou la prise en charge de vos emprunts.
* **La stratégie :** L'assureur a une obligation d'exécution de bonne foi du contrat ([Article 1104 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1104+Code+civil)). Le silence prolongé peut être considéré comme une résistance abusive ouvrant droit à des dommages et intérêts ([Article 1231-1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1231-1+Code+civil)).
### 2. Concernant votre avocate : Une défaillance déontologique
Un avocat a une obligation de diligence et d'information envers son client.
* **Le constat :** Si elle a été missionnée et que vous avez payé des honoraires (ou qu'une convention a été signée), son silence est une faute professionnelle.
* **L'action :** Vous devez lui adresser un email formel avec un objet clair : **"URGENT - Demande de point de situation sous 48h"**. Si le silence persiste, vous êtes en droit de reprendre votre dossier et, le cas échéant, de saisir le Bâtonnier de son ordre.
### 3. Plan d'action immédiat (Le "Step-by-Step")
**Étape 1 : Mise en demeure de l'assureur (Dès demain)**
N'utilisez plus l'email. Envoyez une **Lettre Recommandée avec Accusé de Réception (LRAR)** de mise en demeure.
* **Contenu :** Rappelez l'envoi du dossier le 21 avril 2026, l'absence de réponse, et exigez sous 8 jours soit le versement des prestations, soit la convocation à une expertise médicale.
* **Base légale :** Invoquez [l'article L113-5 du Code des assurances](https://www.google.com/search?q=Article+L113-5+Code+des+assurances) qui oblige l'assureur à exécuter sa prestation dans le délai convenu.
**Étape 2 : Recours au Médiateur de l'Assurance**
Si la mise en demeure reste sans réponse après 15 jours, saisissez gratuitement le [Médiateur de l'Assurance](https://www.mediation-assurance.org). C'est une étape souvent efficace pour "réveiller" les services sinistres.
**Étape 3 : L'expertise judiciaire (La solution de force)**
Si l'assureur persiste à ignorer votre dossier ou conteste la date du 1er août 2023, la stratégie la plus efficace est le **référé-expertise**.
* Comme l'illustre une décision récente ([Tribunal judiciaire, 24/06/2026, n° 26/00033](/decisions/6a3c2104cdc6046d4792755b)), le juge peut ordonner une expertise médicale judiciaire pour trancher le litige.
* **Avantage :** L'expert sera nommé par le tribunal et non par l'assurance. Il sera plus enclin à reconnaître la réalité de votre syndrome neurologique dès 2023.
### Ce que vous devez faire pour votre avocate :
Avant de changer de conseil, envoyez-lui ce dernier message :
> *"Maître, sans réponse de votre part sous 48h concernant les suites données à ma déclaration de sinistre du 21/04/2026, je me verrai contraint(e) de dessaisir votre cabinet et d'en informer Monsieur le Bâtonnier. Ma situation de santé et l'absence de prise en charge par l'assurance ne permettent plus ce délai de carence."*
**Je peux vous préparer immédiatement le modèle de lettre de mise en demeure "musclée" à envoyer à votre assurance pour débloquer la situation, souhaitez-vous que je le rédige ?**
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Sources officielles Légifrance
📄 Article 1217 du Code civil
La partie envers laquelle l'engagement n'a pas été exécuté, ou l'a été imparfaitement, peut : - refuser d'exécuter ou suspendre l'exécution de sa propre obligation ; - poursuivre l'exécution forcée en nature de l'obligation ; - obtenir une réduction du prix ; - provoquer la résolution du contrat ; - demander réparation des conséquences de l'inexécution. Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées ; des dommages et intérêts peuvent toujours s'y ajouter.
📄 Article 1231-1 du Code civil
Le débiteur est condamné, s'il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l'inexécution de l'obligation, soit à raison du retard dans l'exécution, s'il ne justifie pas que l'exécution a été empêchée par la force majeure.
📄 Article L113-5 du Code des assurances
Lors de la réalisation du risque ou à l'échéance du contrat, l'assureur doit exécuter dans le délai convenu la prestation déterminée par le contrat et ne peut être tenu au-delà.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation
📋 Other - Chambre civile - n°26/00033 - 24/06/2026
MOTIFS Sur la demande d’expertise Il résulte des dispositions de l'article 145 du code de procédure civile que s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. En l'espèce, au regard des pièces versées, il est acquis aux débats que Monsieur [V] [C] a été reconnu en situation d’...
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