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Droit à l'image post-contrat : révocation du consentement Droit du travail Fonction publique

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Mon contrat de travail prévoit un droit à l’image 10 ans après la rupture. J’ai quitté l’entreprise je souhaite revenir sur mon consentement
La question de la validité d'une clause de droit à l'image après la rupture du contrat de travail est délicate, car elle se situe au confluent du droit civil (respect de la vie privée) et du droit du travail. Voici l'analyse stratégique de votre situation : ## 1. La validité de la clause : le principe de proportionnalité En droit français, le droit à l'image est un attribut de la personnalité protégé par [l'article 9 du Code civil](/articles/code-civil/9). Dans le cadre professionnel, l'employeur ne peut restreindre vos libertés individuelles que si cela est **justifié** par la nature de la tâche et **proportionné** au but recherché, selon [l'article L1121-1 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L1121-1). **Le risque pour l'employeur :** Une durée de 10 ans après la rupture du contrat peut être jugée excessive et disproportionnée par un tribunal, surtout si votre image n'est pas indispensable à l'activité de l'entreprise (par exemple, si vous n'étiez pas l'égérie ou le visage public de la marque). ## 2. Le "Coup d'après" : l'argumentation de l'employeur Si vous demandez le retrait de vos photos/vidéos, l'employeur opposera probablement deux arguments : 1. **Le consentement contractuel :** Il affirmera que vous avez signé librement et que le contrat fait loi. 2. **Le coût technique :** Il arguera que le retrait des supports (brochures papier, vidéos de formation, site web) engendre un coût disproportionné. **Votre contre-attaque :** Le droit à l'image est un droit de la personnalité. Même si vous avez donné votre accord, celui-ci doit être **spécial** (définissant précisément les supports et la durée). Une clause trop générale ou d'une durée manifestement excessive (10 ans post-rupture) peut être remise en cause. ## 3. La charge de la preuve et les risques Pour revenir sur votre consentement, vous devez identifier précisément les supports litigieux. * **La preuve :** Faites des captures d'écran (constat d'huissier idéalement pour le web) montrant que votre image est toujours utilisée. * **Le risque financier :** Si la clause prévoyait une contrepartie financière que vous avez perçue, l'employeur pourrait en demander le remboursement partiel au prorata de la durée non respectée. * **La jurisprudence :** Notez que la [Cour d'appel, chambre 1-1, 16/09/2025](/decisions/68ca4587dc61513f926ba4ff) a rappelé que les clauses entravant de manière abusive la contestation sur l'étendue d'une cession de droit à l'image sans contrepartie suffisante peuvent être écartées. ## 4. Stratégie et étapes recommandées ### Étape 1 : La phase amiable (Recommandée) Envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception (LRAR) à votre ancien employeur en invoquant le retrait de votre consentement pour "juste motif" (par exemple : votre image ne correspond plus à votre situation professionnelle actuelle et l'utilisation prolongée vous porte préjudice). *Argumentez sur le caractère disproportionné des 10 ans au regard de [l'article L1121-1 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L1121-1).* ### Étape 2 : L'action en référé Si l'employeur refuse, vous pouvez saisir le juge des référés (procédure d'urgence) sur le fondement de [l'article 9 du Code civil](/articles/code-civil/9) pour faire cesser l'utilisation de votre image, au motif que le maintien de cette exploitation après votre départ constitue un trouble manifestement illicite si la clause est abusive. ### Étape 3 : Le RGPD Invoquez également votre **droit à l'effacement** (droit à l'oubli) prévu par le RGPD. Une photo de vous est une donnée à caractère personnel. Dès lors que vous n'êtes plus salarié, l'intérêt légitime de l'entreprise à conserver votre image diminue drastiquement face à votre droit à la vie privée. Je peux, si vous le souhaitez, rédiger le modèle de lettre de mise en demeure à envoyer à votre ancien employeur pour demander le retrait de votre image en invoquant ces fondements juridiques.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 9 du Code civil

Chacun a droit au respect de sa vie privée. Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée : ces mesures peuvent, s'il y a urgence, être ordonnées en référé.

📄 Article L1121-1 du Code du travail

Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Décision - Chambre 1-1 - 16/09/2025

La clause de renonciation d'agir en justice dans un contrat de cession de droit à l'image est-elle abusive et doit-elle être déclarée non écrite ? — Une clause de renonciation d'agir en justice est considérée comme abusive si elle entrave l'exercice d'une contestation sur l'étendue et le champ de la cession du droit à l'image, sans contrepartie pour la partie cédante.
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