je suis co propriétaire en indivision de la moitié, mes 3 neveux d'1/6 chacun , 2 de mes neveux souhaitent acheter l'ensemble avec l'une compagne pacsée de l un . ils me disent etre en capacité d'acheter sans préciser la somme , ni les délais . Comment m'assurer de leur dires et précisez un délai minima pour au moins la signature du compromis ?
Dans votre situation, vous êtes face à un projet de rachat de parts (licitation amiable) au sein d'une indivision. Pour transformer ces intentions en engagements fermes et protéger vos intérêts, voici la stratégie à adopter.
## 1. La stratégie de la "Preuve de Solvabilité"
Actuellement, vos neveux font une déclaration d'intention sans force juridique. Pour vous assurer de leur capacité réelle, vous devez exiger des garanties avant toute signature.
* **L'attestation de capacité de financement :** Ne vous contentez pas d'un "nous avons les fonds". Demandez une attestation de leur banque (ou d'un courtier) confirmant que, compte tenu de leurs revenus et de leur apport, ils sont en mesure de financer un achat à hauteur d'un montant "X" (le prix estimé du bien).
* **Le prix de vente :** En vertu de [l'article 815-3 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815-3+du+Code+civil), les actes de disposition (comme la vente) requièrent l'unanimité. Vous êtes donc en position de force : rien ne peut se faire sans votre accord sur le prix. Faites réaliser une expertise immobilière ou deux estimations par des agences locales pour fixer une base de négociation indiscutable.
## 2. Sécuriser les délais : Le compromis de vente
Pour éviter que la situation ne s'enlise, vous devez formaliser l'accord via un compromis ou une promesse de vente rédigée par un notaire.
* **Délai de signature :** Vous pouvez leur notifier par écrit (LRAR) qu'en l'absence de signature d'un compromis de vente sous un délai déterminé (par exemple 1 mois), vous considérerez que la négociation a échoué et que vous solliciterez la mise en vente du bien sur le marché classique.
* **Les clauses essentielles du compromis :**
* **La condition suspensive de prêt :** Elle doit être limitée dans le temps (généralement 45 à 60 jours).
* **L'indemnité d'immobilisation :** Exigez qu'ils versent un dépôt de garantie (généralement 5 à 10 % du prix) sur le compte séquestre du notaire. S'ils se désistent sans motif légal, cette somme vous restera acquise en partie.
## 3. Anticipation des risques (Le "Coup d'après")
Si vos neveux traînent ou ne parviennent pas à obtenir leur prêt, ils pourraient tenter de bloquer la situation pour continuer à jouir du bien ou simplement par inertie.
* **Le risque de blocage :** Si les négociations échouent, rappelez-leur qu'en vertu de [l'article 815 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815+du+Code+civil), "nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision". Si aucun accord n'est trouvé, vous pouvez provoquer le partage judiciaire (vente aux enchères du bien), ce qui est souvent moins avantageux pour tout le monde.
* **L'indemnité d'occupation :** Si l'un de vos neveux occupe déjà le bien, précisez-lui qu'en application de [l'article 815-9 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815-9+du+Code+civil), il est redevable d'une indemnité à l'indivision. Cela peut les inciter à accélérer le rachat.
## 4. Recommandations stratégiques
1. **Mandatez votre propre notaire :** Dans une vente de famille, il est préférable d'avoir votre propre notaire pour relire les actes. Cela ne coûte pas plus cher, car les honoraires sont partagés entre les deux offices.
2. **Mise en demeure :** Si les discussions orales n'aboutissent pas, envoyez un courrier formel listant vos conditions : prix ferme, preuve de financement sous 15 jours, et signature d'un compromis sous 30 jours.
**L'avis de l'expert :** La jurisprudence rappelle que si un indivisaire bloque la vente par un refus injustifié, vous pourriez être autorisé par le tribunal à passer l'acte seul si ce refus met en péril l'intérêt commun (voir par analogie [Tribunal judiciaire, 30/04/2025](/decisions/68126b52d554c55098ec31d1)).
Je peux, si vous le souhaitez, vous proposer un modèle de courrier de mise en demeure à adresser à vos neveux pour fixer officiellement ces délais et exiger les justificatifs bancaires. Souhaitez-vous que je le rédige ?
⚖️
Sources officielles Légifrance
📄 Article 815-3 du Code civil
Le ou les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis peuvent, à cette majorité : 1° Effectuer les actes d'administration relatifs aux biens indivis ; 2° Donner à l'un ou plusieurs des indivisaires ou à un tiers un mandat général d'administration ; 3° Vendre les meubles indivis pour payer les dettes et charges de l'indivision ; 4° Conclure et renouveler les baux autres que ceux portant sur un immeuble à usage agricole, commercial, industriel ou artisanal. Ils sont tenus d'en informer les autres indivisaires. A défaut, les décisions prises sont inopposables à ces derniers. Toutefois, le consentement de tous les indivisaires est requis pour effectuer tout acte qui ne ressortit pas à l'exploitation normale des biens indivis et pour effectuer tout acte de disposition autre que ceux visés au 3°. Si un indivisaire prend en main la gestion des biens indivis, au su des autres et néanmoins sans opposition de leur part, il est censé avoir reçu un mandat tacite, couvrant les actes d'administration mais non les actes de disposition ni la conclusion ou le renouvellement des baux.
📄 Article 815-5 du Code civil
Un indivisaire peut être autorisé par justice à passer seul un acte pour lequel le consentement d'un coïndivisaire serait nécessaire, si le refus de celui-ci met en péril l'intérêt commun. Le juge ne peut, à la demande d'un nu-propriétaire, ordonner la vente de la pleine propriété d'un bien grevé d'usufruit contre la volonté de l'usufruitier. L'acte passé dans les conditions fixées par l'autorisation de justice est opposable à l'indivisaire dont le consentement a fait défaut.
📄 Article 815-9 du Code civil
Chaque indivisaire peut user et jouir des biens indivis conformément à leur destination, dans la mesure compatible avec le droit des autres indivisaires et avec l'effet des actes régulièrement passés au cours de l'indivision. A défaut d'accord entre les intéressés, l'exercice de ce droit est réglé, à titre provisoire, par le président du tribunal. L'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité.
⚖️
Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation
📋 Décision - Chambre 0 REFERES - 27/04/2026
Mme [Y] [W] peut-elle vendre seule le studio acquis en indivision avec M. [O] [F] malgré leur séparation ? — La vente d'un bien immobilier en indivision nécessite l'accord de tous les indivisaires, sauf en cas d'urgence justifiant une vente unilatérale. Les conditions d'application de l'article 815-6 du code civil doivent être réunies.
📋 Décision - Référé - 25/06/2025
Quelles sont les conditions pour désigner un administrateur d'une indivision successorale et autoriser la vente d'un bien immobilier en indivision ? — En application de l'article 815-6 du code civil, le président du tribunal judiciaire peut désigner un indivisaire comme administrateur de l'indivision et autoriser la vente d'un bien immobilier lorsque cela est dans l'intérêt commun de l'indivision. Le consentement de tous les indivisaires n'est pas requis pour des mesures urgentes.
Les indivisaires peuvent-ils être autorisés à vendre seuls un bien immobilier en indivision sans l'accord de tous les co-indivisaires ? — En matière d'indivision, la vente d'un bien immobilier nécessite l'accord de tous les co-indivisaires, sauf décision judiciaire autorisant une vente unilatérale. Le refus d'un co-indivisaire de signer une promesse de vente empêche la réalisation de la vente sans une telle autorisation.
📋 Décision - JAF Cab 10 - 25/06/2025
Dans quelle mesure un indivisaire peut-il demander le partage d'un bien immobilier en indivision avant l'expiration de la convention d'indivision ? — Selon l'article 815 du Code civil, nul ne peut être contraint de rester dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué, sauf sursis par jugement ou convention. La convention d'indivision signée par les parties ne permet pas de demander le partage avant son terme.
?
OUI
Voici une proposition de modèle de courrier de mise en demeure. Ce document est conçu pour être ferme et protecteur, en fixant un cadre juridique strict afin de sortir de l'incertitude.
Il est fortement recommandé d'envoyer ce courrier en **Recommandé avec Accusé de Réception (LRAR)**.
***
**Expéditeur :**
[Votre Nom et Prénom]
[Votre Adresse]
**Destinataires :**
[Noms de vos neveux concernés]
[Leurs Adresses]
**Objet : Mise en demeure – Formalisation de l’offre d’achat du bien situé à [Adresse du bien]**
Madame, Monsieur,
En notre qualité de co-indivisaires du bien situé à [Adresse du bien], vous m'avez fait part de votre intention de racheter l'intégralité des parts de l'indivision (licitation amiable), incluant ma quote-part de 50 %.
Si je prends acte de votre intérêt pour ce bien, je constate qu'à ce jour, aucun élément concret ne m'a été communiqué concernant le prix proposé, les modalités de financement, ni le calendrier de l'opération.
Afin de sécuriser cette transaction et de préserver les intérêts de l'indivision, je vous mets en demeure par la présente de respecter les étapes suivantes :
**1. Justification de la capacité de financement (sous 15 jours)**
Je vous demande de me transmettre une attestation de capacité de financement délivrée par votre établissement bancaire ou un courtier, confirmant que vous disposez des fonds ou d'une capacité d'emprunt suffisante pour une acquisition basée sur une valeur estimée du bien de [indiquez le montant estimé ou "à définir par expertise"].
**2. Accord sur le prix et signature d'un compromis (sous 30 jours)**
À réception de votre justificatif de financement, nous devrons nous accorder sur un prix définitif. Une fois cet accord acté, je demande à ce qu'un compromis ou une promesse de vente soit signé devant notaire au plus tard le [indiquez une date, ex: 30 juin 2026]. Cet acte devra prévoir :
* Le versement d'un dépôt de garantie de [5 ou 10]% du prix de vente.
* Une condition suspensive d'obtention de prêt limitée à 45 ou 60 jours.
**3. À défaut d'accord**
À défaut de réception de ces éléments ou de signature d'un avant-contrat dans les délais précités, je serai au regret de considérer que les négociations amiables ont échoué. En conséquence, je me verrai contraint de solliciter la mise en vente du bien sur le marché immobilier (via agence) afin de mettre fin à l'indivision, conformément à [l'article 815 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815+du+Code+civil).
Je vous rappelle par ailleurs qu'en vertu de [l'article 815-9 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815-9+du+Code+civil), tout indivisaire occupant privativement le bien est redevable d'une indemnité d'occupation envers l'indivision jusqu'au jour de la vente.
Je souhaite que nous puissions finaliser cette opération de manière amiable et rapide, dans l'intérêt de tous.
Dans l'attente de votre retour sous quinzaine, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
Fait à [Ville], le [Date du jour]
[Signature]
***
### Conseil stratégique supplémentaire :
Si vous n'avez pas encore choisi de notaire, je vous suggère d'en contacter un dès maintenant pour lui transmettre ce courrier en copie. Cela montrera à vos neveux que vous avez déjà engagé une démarche officielle de conseil juridique.
Souhaitez-vous que je vous aide à définir le montant de l'indemnité d'occupation que vous pourriez réclamer si l'un d'eux occupe le logement ?
⚖️
Sources officielles Légifrance
📄 Article L631-7 du Code de la construction et de l'habitation
La présente section est applicable aux communes dont la liste est fixée par le décret mentionné au I de l'article 232 du code général des impôts. Dans ces communes, le changement d'usage des locaux à usage d'habitation peut être soumis, sur décision de l'organe délibérant, à autorisation préalable dans les conditions fixées à l'article L. 631-7-1. Constituent des locaux à usage d'habitation toutes catégories de logements et leurs annexes, y compris les logements-foyers, logements de gardien, chambres de service, logements de fonction, logements inclus dans un bail commercial, locaux meublés donnés en location dans les conditions de l'article L. 632-1 ou dans le cadre d'un bail mobilité conclu dans les conditions prévues au titre Ier ter de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986. Pour l'application de la présente section, un local est réputé à usage d'habitation s'il était affecté à cet usage soit à une date comprise entre le 1er janvier 1970 et le 31 décembre 1976 inclus, soit à n'importe quel moment au cours des trente dernières années précédant la demande d'autorisation préalable au changement d'usage ou la contestation de l'usage dans le cadre des procédures prévues au présent livre, et sauf autorisation ultérieure mentionnée au quatrième alinéa du présent article. Cet usage peut être établi par tout mode de preuve, la charge de la preuve incombant à celui qui veut démontrer un usage illicite. Toutefois, les locaux construits ou ayant fait l'objet de travaux après le 1er janvier 1970 sont réputés avoir l'usage pour lequel la construction ou les travaux ont été autorisés, sauf autorisation ultérieure mentionnée au même quatrième alinéa. Lorsqu'une autorisation administrative a été accordée après le 1er janvier 1970 pour changer l'usage d'un local mentionné au troisième alinéa, le local dont le changement d'usage a été autorisé et, dans le cas où cette autorisation a été accordée contre compensation, le local ayant servi à compensation sont réputés avoir l'usage résultant de l'autorisation. Une autorisation d'urbanisme ayant pour conséquence de changer la destination de locaux à usage d'habitation ne constitue un mode de preuve valable que si elle est accompagnée d'une autorisation de changement d'usage. L'usage d'habitation s'entend de tout local habité ou ayant vocation à l'être même s'il n'est pas occupé effectivement, notamment en cas de vacance ou lorsqu'il a fait l'objet d'un arrêté pris sur le fondement du livre V du présent code. Sont nuls de plein droit tous accords ou conventions conclus en violation du présent article. Le fait de louer un local meublé à usage d'habitation en tant que meublé de tourisme, au sens du I de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme, constitue un changement d'usage au sens du présent article.
📄 Article L632-1 du Code de la construction et de l'habitation
I.-Une location d'un logement meublé constituant la résidence principale du preneur est soumise au titre Ier bis de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986. Lorsque le bailleur est titulaire d'un bail commercial venant à expiration ou lorsque la cessation d'activité est prévue, le contrat peut être d'une durée inférieure à un an et doit mentionner les raisons et événements justificatifs. Si le bail commercial est renouvelé ou si l'activité est poursuivie, la durée du contrat est portée à un an. A peine d'irrecevabilité de la demande, l'assignation par l'exploitant d'un établissement recevant du public aux fins d'hébergement, aux fins de constat de résiliation ou de prononcé de la résiliation du bail d'une personne dont le logement loué meublé constitue la résidence principale est notifiée, à la diligence de l'huissier de justice, au représentant de l'Etat dans le département, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, au moins un mois avant l'audience, afin qu'il informe les services compétents, notamment les organismes chargés du service des aides au logement et le fonds de solidarité pour le logement. II.-Lorsque la location d'un local meublé constituant la résidence principale du preneur est située dans un établissement recevant du public aux fins d'hébergement, celle-ci est soumise au titre Ier bis de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 précitée. Ne sont pas applicables à cette location les articles 3-2, 3-3 , 18 , 24-1 , 25-4 et 25-11 de la même loi. Le local loué mentionné au premier alinéa doit être équipé du mobilier nécessaire au sommeil et à la vie courante du locataire ainsi qu'être pourvu de chauffage, d'une alimentation en eau et de sanitaires. Lorsqu'un locataire ou plusieurs locataires ont avec le même bailleur un litige locatif ayant une origine commune, ils peuvent donner par écrit mandat d'agir en justice en leur nom et pour leur compte à une association dont l'un des objets est l'insertion ou le logement des personnes défavorisées ou à une association de défense des personnes en situation d'exclusion par le logement mentionnées à l'article 3 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement. Une de ces associations peut assister ou représenter un locataire, selon les modalités définies à l'article 828 du code de procédure civile, en cas de litige portant sur le respect des caractéristiques de décence de son logement.
📄 Article L521-1 du Code de la construction et de l'habitation
Pour l'application du présent chapitre, l'occupant est le titulaire d'un droit réel conférant l'usage, le locataire, le sous-locataire ou l'occupant de bonne foi des locaux à usage d'habitation et de locaux d'hébergement constituant son habitation principale. Le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement ou l'hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-1. -lorsqu'un établissement recevant du public utilisé aux fins d'hébergement fait l'objet de mesures destinées à faire cesser une situation d'insécurité en application de l'article L. 184-1. Cette obligation est faite sans préjudice des actions dont dispose le propriétaire ou l'exploitant à l'encontre des personnes auxquelles l'état d'insalubrité ou d'insécurité serait en tout ou partie imputable.
Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience sur notre site. Acceptez-vous leur utilisation ?
Nouveau projet
Un projet regroupe vos conversations et vos documents juridiques en un seul endroit.
Posez des questions à l'IA en bénéficiant de toutes vos sources uploadées — contrats, jugements, courriers — disponibles dans chaque conversation du projet.
Installer l'App JustiwebAccédez à vos conversations juridiques depuis votre écran d'accueil.
Ajouter l'App à l'écran d'accueilAppuyez sur puis « Sur l'écran d'accueil »
✨ Nouveauté
4 niveaux d'analyse pour chaque situation
Choisissez la profondeur d’analyse adaptée à votre situation : plus le niveau est élevé, plus la réponse est détaillée, précise et stratégique.
⚡
Analyse rapideRéponse claire, utile et directe
🧠
Analyse approfondieAnalyse plus structurée et expliquée