Séparé depuis 4 ans, nous souhaiterions entamer la procédure de divorce. Mais nous devons faire le partage des biens.
La maison qu'il souhaite garder est estimé à 296 k€ avec un reste de financement de 40 k€ et celle que moi je veux garder est estimé à 256 k€ avec un reste de financement de 89 k€.
Devons nous simplement passer devant le notaire ou avons-nous besoins d'un avocat ? Et quelle sera la soulte pour le partage des bien ?
Dans votre situation, la séparation dure depuis 4 ans, ce qui facilite la caractérisation de la rupture, mais la présence de biens immobiliers et de financements en cours rend le partage technique.
Voici l'analyse stratégique de votre dossier.
## 1. Avocat ou Notaire : une double obligation
Contrairement à une idée reçue, vous ne pouvez pas choisir l'un ou l'autre. Dans le cadre d'un divorce avec biens immobiliers, l'intervention des deux professionnels est **obligatoire**.
* **Le Notaire :** Il est le seul habilité à rédiger l'**état liquidatif** (le document qui acte le partage des maisons). C'est un passage obligé dès qu'un bien immobilier est en jeu pour la publicité foncière.
* **L'Avocat :** Même pour un divorce amiable (par acte sous signature privée), chaque époux doit obligatoirement avoir son propre avocat selon [l'article 229-1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+229-1+du+Code+civil). L'avocat intègre l'état liquidatif du notaire dans la convention de divorce globale.
## 2. Calcul de la soulte
La soulte est la somme que l'un des époux doit verser à l'autre pour compenser l'inégalité de valeur des lots reçus.
Voici le calcul basé sur vos estimations (en supposant que les biens sont communs ou indivis à 50/50) :
**Étape 1 : Calcul de la valeur nette de chaque bien**
* **Maison Monsieur :** 296 000 € (valeur) - 40 000 € (crédit) = **256 000 € de valeur nette.**
* **Maison Madame :** 256 000 € (valeur) - 89 000 € (crédit) = **167 000 € de valeur nette.**
**Étape 2 : Calcul de la masse totale à partager**
* Valeur nette totale : 256 000 + 167 000 = **423 000 €**.
* Part théorique de chacun (50%) : **211 500 €**.
**Étape 3 : Calcul de la soulte**
* Monsieur reçoit un lot net de 256 000 €, alors qu'il ne devrait avoir que 211 500 €.
* **Monsieur doit vous verser une soulte de 44 500 €** (256 000 - 211 500).
* Après ce versement, vous aurez bien 167 000 (maison) + 44 500 (soulte) = 211 500 €.
## 3. Anticipation des obstacles (Le "Coup d'après")
Le calcul théorique est simple, mais la pratique l'est moins. Voici ce que vous devez anticiper :
* **La désolidarisation bancaire :** C'est le point le plus critique. Pour que le partage soit effectif, la banque doit accepter que vous repreniez seule le crédit de 89 000 € et que Monsieur reprenne seul celui de 40 000 €. Si la banque estime que vos revenus sont insuffisants pour porter seule votre prêt, elle refusera de désolidariser votre ex-conjoint. Sans accord bancaire, le notaire ne pourra pas finaliser l'acte.
* **Les récompenses :** Si l'un de vous a utilisé de l'argent propre (héritage, donation, vente d'un bien possédé avant le mariage) pour financer l'achat ou des travaux dans l'une des maisons, il peut prétendre à une "récompense". Cela modifierait le montant de la soulte.
## 4. Risques et stratégie
* **La preuve de la valeur :** Si vous n'êtes pas d'accord sur les 296 k€ ou 256 k€, le juge ou le notaire demandera des expertises. En cas de conflit persistant, vous pourriez être contraints de rester dans l'indivision, ce que personne ne peut vous imposer selon [l'article 815 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815+du+Code+civil).
* **Le coût fiscal :** N'oubliez pas le "droit de partage" (taxe fiscale) qui s'élève à 1,10 % de la valeur nette du patrimoine partagé, ainsi que les émoluments du notaire.
* **Jurisprudence :** Comme rappelé dans la décision [Tribunal judiciaire, jaf cabinet 3, 12/06/2026, n° 25/04222](/decisions/6a2c79e3cdc6046d471b6c14), le principe est le partage amiable. Si un désaccord survient sur la valeur, le notaire dressera un procès-verbal de difficultés et il faudra saisir le juge.
**Conseil stratégique :** Avant de voir l'avocat, allez ensemble voir vos banques respectives avec les estimations immobilières pour obtenir un accord de principe sur la reprise des crédits en solo. Sans ce "feu vert" bancaire, la procédure de divorce amiable sera bloquée.
Souhaitez-vous que je rédige un modèle de lettre pour demander à votre banque la désolidarisation de votre prêt immobilier ?
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Sources officielles Légifrance
📄 Article 229-1 du Code civil
Lorsque les époux s'entendent sur la rupture du mariage et ses effets, ils constatent, assistés chacun par un avocat, leur accord dans une convention prenant la forme d'un acte sous signature privée contresigné par leurs avocats et établi dans les conditions prévues à l'article 1374 . Cette convention est déposée au rang des minutes d'un notaire, qui contrôle le respect des exigences formelles prévues aux 1° à 6° de l'article 229-3 . Il s'assure également que le projet de convention n'a pas été signé avant l'expiration du délai de réflexion prévu à l'article 229-4 . Ce dépôt donne ses effets à la convention en lui conférant date certaine et force exécutoire.
📄 Article 815 du Code civil
Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu'il n'y ait été sursis par jugement ou convention.
📄 Article 887 du Code civil
Le partage peut être annulé pour cause de violence ou de dol. Il peut aussi être annulé pour cause d'erreur, si celle-ci a porté sur l'existence ou la quotité des droits des copartageants ou sur la propriété des biens compris dans la masse partageable. S'il apparaît que les conséquences de la violence, du dol ou de l'erreur peuvent être réparées autrement que par l'annulation du partage, le tribunal peut, à la demande de l'une des parties, ordonner un partage complémentaire ou rectificatif.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation
📋 Other - Jaf cabinet 3 - n°25/04222 - 12/06/2026
[Motifs de la décision occultés]
📋 Other - JAF 1 - n°25/01582 - 11/06/2026
[Motifs de la décision occultés]
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Puis-je le contraindre a vendre si je ne suis pas d'accord avec le partage ?
Oui, vous disposez de leviers juridiques pour contraindre à la vente si le partage amiable échoue, mais cette procédure est souvent qualifiée de "remède de dernier recours" en raison de ses conséquences financières.
Voici l'analyse stratégique de vos options pour sortir de l'indivision.
### 1. Le principe fondamental : "Nul n'est contraint de demeurer dans l'indivision"
Ce principe, édicté par [l'article 815 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815+du+Code+civil), est d'ordre public. Cela signifie que si vous refusez le partage tel qu'il est proposé (par exemple, parce que vous contestez les estimations ou que vous ne voulez plus que Monsieur garde sa maison), vous pouvez provoquer le partage judiciaire.
### 2. La procédure de vente forcée (Licitation)
Si Monsieur s'obstine à vouloir garder le bien sans que vous ne soyez d'accord sur les modalités, vous pouvez saisir le Tribunal Judiciaire pour demander la **licitation** (vente aux enchères publiques).
* **L'argument de l'autre partie :** Monsieur tentera probablement de demander l'attribution préférentielle du bien (le droit de le garder par priorité) sur le fondement de l'intérêt de la famille ou de sa résidence principale.
* **Le risque (Go/No-Go) :** Une vente aux enchères devant le tribunal aboutit souvent à un prix de vente **20 % à 30 % inférieur** au prix du marché. De plus, les frais d'avocat et de procédure sont importants. C'est une stratégie de "terre brûlée" : vous forcez la vente, mais tout le monde y perd financièrement.
### 3. L'autorisation judiciaire de vente (L'alternative plus rapide)
Si le blocage de Monsieur met en péril l'intérêt commun (par exemple, si les crédits ne sont plus payés ou si le bien dépérit), vous pouvez invoquer [l'article 815-6 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815-6+du+Code+civil).
La jurisprudence récente, notamment le [Tribunal judiciaire, chamb. référés, 12/06/2026, n° 26/00270](/decisions/6a2c6dbbcdc6046d471a8145), confirme que le président du tribunal peut autoriser un indivisaire à passer seul un acte de vente si cela est justifié par l'intérêt commun. C'est une procédure plus rapide que le partage judiciaire classique.
### 4. La charge de la preuve et expertise
Si votre désaccord porte uniquement sur la **valeur** des biens (les 296 k€ et 256 k€) :
* Le juge ne décidera pas lui-même de la valeur. Il nommera un **expert judiciaire**.
* **Attention :** Si l'expert confirme les estimations actuelles, vous aurez perdu du temps et de l'argent (frais d'expertise à votre charge ou partagés).
* **Conseil :** Pour éviter d'en arriver là, faites réaliser trois estimations par des agences locales différentes pour chaque bien. Si les écarts sont significatifs, vous aurez un dossier solide pour contester le partage actuel.
### Synthèse de la stratégie
1. **Phase amiable renforcée :** Proposez à Monsieur de faire appel à un expert immobilier indépendant (hors agence) pour fixer une valeur qui s'imposera à vous deux. C'est moins cher qu'un procès.
2. **Mise en demeure :** Si le blocage persiste, votre avocat devra envoyer une mise en demeure visant l'article 815 du Code civil, annonçant l'intention de saisir le juge pour demander la vente par licitation.
3. **Action judiciaire :** En dernier recours, l'assignation en partage judiciaire. Comme le rappelle le [Tribunal judiciaire, 11/06/2026, n° 25/00711](/decisions/6a2bff87cdc6046d470e0635), le tribunal ordonnera la cessation de l'indivision si le partage amiable est impossible.
**Le saviez-vous ?** Si vous ne parvenez pas à un accord sur le partage mais que vous souhaitez tout de même divorcer rapidement, vous pouvez divorcer et rester en "indivision post-communautaire" via une **convention d'indivision** notariée, le temps de vendre les biens ou de trouver un accord.
Souhaitez-vous que je vous liste précisément les documents et preuves à réunir pour contester officiellement une estimation immobilière devant un notaire ?
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Sources officielles Légifrance
📄 Article 815 du Code civil
Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu'il n'y ait été sursis par jugement ou convention.
📄 Article 815-5 du Code civil
Un indivisaire peut être autorisé par justice à passer seul un acte pour lequel le consentement d'un coïndivisaire serait nécessaire, si le refus de celui-ci met en péril l'intérêt commun. Le juge ne peut, à la demande d'un nu-propriétaire, ordonner la vente de la pleine propriété d'un bien grevé d'usufruit contre la volonté de l'usufruitier. L'acte passé dans les conditions fixées par l'autorisation de justice est opposable à l'indivisaire dont le consentement a fait défaut.
📄 Article 815-17 du Code civil
Les créanciers qui auraient pu agir sur les biens indivis avant qu'il y eût indivision, et ceux dont la créance résulte de la conservation ou de la gestion des biens indivis, seront payés par prélèvement sur l'actif avant le partage. Ils peuvent en outre poursuivre la saisie et la vente des biens indivis. Les créanciers personnels d'un indivisaire ne peuvent saisir sa part dans les biens indivis, meubles ou immeubles. Ils ont toutefois la faculté de provoquer le partage au nom de leur débiteur ou d'intervenir dans le partage provoqué par lui. Les coïndivisaires peuvent arrêter le cours de l'action en partage en acquittant l'obligation au nom et en l'acquit du débiteur. Ceux qui exerceront cette faculté se rembourseront par prélèvement sur les biens indivis.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation
📋 Other - Chamb. référés(sup 10000) - n°26/00270 - 12/06/2026
MOTIFS Sur l’autorisation à vendre seul un bien immobilier L’article 815-6 du Code Civil, dans sa version en vigueur depuis le 9 avril 2026, dispose, s’agissant du régime de l’indivision, que « Le président du tribunal judiciaire peut prescrire ou autoriser toutes les mesures urgentes que requiert l'intérêt commun. […] Il peut également autoriser un indivisaire à conclure seul un acte de vente d'un bien indivis. » L’article 1380 du Code de procédure civile prévoit que les demandes formées en app...
📋 Other - 1ère Chambre A - n°25/00711 - 11/06/2026
MOTIFS DE LA DECISION Toutes les parties ayant comparu, il convient de statuer, en application de l’article 467 du Code de procédure civile, par jugement contradictoire et en premier ressort, eu égard à la nature et au montant de la demande. A titre liminaire, il convient de rappeler que l'article 4 du code de procédure civile dispose dans son premier alinéa que l'objet du litige est déterminé par les prétentions respectives des parties. Les demandes de « juger », de « constater », qui n’apparai...
📋 Arret - 1ère Chambre - n°25/00758 - 12/06/2026
MOTIVATION DE LA DÉCISION Sur les demandes formulées par Mme [R] [L] - Sur l'indemnité d'occupation Selon l'article 815-9 du code civil, chaque indivisaire peut user et jouir des biens indivis conformément à leur destination, dans la mesure compatible avec les droits des autres indivisaires et avec l'effet des actes régulièrement passés au cours de l'indivision. L'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité. L'indemnit...
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