Qu'en penses tu ?: Monsieur,
Je fais suite à mon passage dans votre atelier le 19 juin 2026 afin de récupérer ma tronçonneuse.
Lors de cette visite, il m'a été demandé de remettre le bon de dépôt original pour obtenir la restitution de mon matériel. La conservation de ce document m'empêche aujourd'hui de disposer d'une copie des conditions figurant sur le bon de dépôt.
Or, lors du dépôt de la tronçonneuse, aucune information ne m'a été communiquée, ni oralement ni par écrit, concernant l'existence de "frais de devis niveau 1" ou les conséquences d'un éventuel démontage en cas de non-réparation.
La somme de 29 € m'a été réclamée lors de la restitution du matériel alors qu'aucune information préalable ne m'avait été fournie à ce sujet. Cette facturation apparaît contraire aux obligations d'information précontractuelle prévues par les articles L111-1 et L112-1 du Code de la consommation.
Je vous propose de régulariser cette situation à l'amiable en procédant au remboursement de la somme de 29 € dans un délai de huit jours à compter de la réception du présent courrier.
À défaut de réponse favorable dans ce délai, je me réserve la possibilité de saisir les services compétents, notamment la DGCCRF, afin qu'ils examinent ces pratiques.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
Votre courrier est **juridiquement très bien fondé** et adopte le bon ton : factuel, ferme et ouvert à une résolution amiable. En droit français, le professionnel a une obligation de transparence absolue sur les prix avant toute prestation.
Voici une analyse stratégique de votre situation pour maximiser vos chances de remboursement.
### 1. L'anticipation de l'argument adverse (Le "Coup d'après")
Le garagiste ou l'atelier risque de vous opposer l'argument suivant : *"C'était écrit en petit sur le bon de dépôt que vous avez signé"*.
* **Votre contre-attaque :** Le simple fait que ce soit écrit ne suffit pas. L'information doit être communiquée de manière "lisible et compréhensible" **avant** que vous ne soyez lié par le contrat (article [L111-1 du Code de la consommation](https://www.google.com/search?q=Article+L111-1+du+Code+de+la+consommation)).
* **Le vice de procédure :** Le fait qu'ils aient exigé l'original du bon de dépôt pour vous rendre la machine est une pratique qui vise à vous priver de votre seule preuve. C'est un argument de mauvaise foi que vous avez bien fait de souligner.
### 2. La charge de la preuve
C'est le point crucial : en cas de litige, **c'est au professionnel de prouver qu'il vous a informé du prix**, et non à vous de prouver qu'il ne l'a pas fait.
* Selon l'article [L112-1 du Code de la consommation](https://www.google.com/search?q=Article+L112-1+du+Code+de+la+consommation), le prix doit être affiché de manière visible dans l'établissement.
* Si aucun affichage n'était présent à l'accueil concernant ces "frais de devis niveau 1", le professionnel est en tort.
* **Conseil pratique :** Si vous le pouvez, retournez discrètement dans l'atelier pour prendre une photo de la zone d'accueil. S'il n'y a pas de pancarte tarifaire visible, votre dossier est gagné d'avance.
### 3. Évaluation du risque et stratégie (Le "Go/No-Go")
* **Le risque financier :** Pour 29 €, une action en justice (Tribunal judiciaire) serait disproportionnée en termes de temps et d'énergie, même si la procédure est gratuite.
* **L'efficacité de la DGCCRF (SignalConso) :** Votre menace de saisir la DGCCRF est votre meilleure arme. Les professionnels craignent les contrôles de la répression des fraudes, car les amendes administratives pour défaut d'information précontractuelle peuvent atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une société.
* **La jurisprudence :** Le [Tribunal judiciaire, chambre civil 2, 13/01/2026](/decisions/698a4ef4cdc6046d47aca198) a récemment rappelé que le défaut d'information précontractuelle, notamment l'absence de devis ou d'information claire sur les tarifs, engage la responsabilité du prestataire.
### Mes recommandations pour finaliser votre courrier :
Votre projet est excellent. Pour le rendre encore plus "incisif", vous pourriez ajouter cette précision juste avant la conclusion :
> *"Je vous rappelle qu'en vertu de l'article L111-8 du Code de la consommation, c'est au professionnel qu'incombe la charge de la preuve de l'exécution de ses obligations d'information. À défaut de pouvoir prouver que j'ai accepté ces frais de 29 € par une signature ou un affichage non équivoque avant le dépôt, cette somme est indue."*
**Ma suggestion :** Envoyez ce courrier en **Recommandé avec Accusé de Réception (LRAR)**. C'est le seul mode de preuve qui fait courir les délais juridiques et montre au professionnel que vous passez à l'étape supérieure.
Si vous le souhaitez, je peux adapter votre texte pour en faire une version prête à l'envoi en recommandé avec toutes les mentions formelles nécessaires.
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Sources officielles Légifrance
📄 Article L111-1 du Code de la consommation
Avant que le consommateur ne soit lié par un contrat à titre onéreux, le professionnel communique au consommateur, de manière lisible et compréhensible, les informations suivantes : 1° Les caractéristiques essentielles du bien ou du service, ainsi que celles du service numérique ou du contenu numérique, compte tenu de leur nature et du support de communication utilisé, et notamment les fonctionnalités, la compatibilité et l'interopérabilité du bien comportant des éléments numériques, du contenu numérique ou du service numérique, ainsi que l'existence de toute restriction d'installation de logiciel ; 2° Le prix ou tout autre avantage procuré au lieu ou en complément du paiement d'un prix en application des articles L. 112-1 à L. 112-4-1 ; 3° En l'absence d'exécution immédiate du contrat, la date ou le délai auquel le professionnel s'engage à délivrer le bien ou à exécuter le service ; 4° Les informations relatives à l'identité du professionnel, à ses coordonnées postales, téléphoniques et électroniques et à ses activités, pour autant qu'elles ne ressortent pas du contexte ; 5° L'existence et les modalités de mise en œuvre des garanties légales, notamment la garantie légale de conformité et la garantie légale des vices cachés, et des éventuelles garanties commerciales, ainsi que, le cas échéant, du service après-vente et les informations afférentes aux autres conditions contractuelles ; 6° La possibilité de recourir à un médiateur de la consommation dans les conditions prévues au titre Ier du livre VI. La liste et le contenu précis de ces informations sont fixés par décret en Conseil d'Etat. Les dispositions du présent article s'appliquent également aux contrats portant sur la fourniture d'eau, de gaz ou d'électricité, y compris lorsqu'ils ne sont pas conditionnés dans un volume délimité ou en quantité déterminée, ainsi que de chauffage urbain. Ces contrats font également référence à la nécessité d'une consommation sobre et respectueuse de la préservation de l'environnement.
📄 Article L112-1 du Code de la consommation
Tout vendeur de produit ou tout prestataire de services informe le consommateur, par voie de marquage, d'étiquetage, d'affichage ou par tout autre procédé approprié, sur les prix et les conditions particulières de la vente et de l'exécution des services, selon des modalités fixées par arrêtés du ministre chargé de l'économie, après consultation du Conseil national de la consommation.
📄 Article L113-3 du Code de la consommation
Les magasins de vente au détail de plus de 400 mètres carrés qui commercialisent des denrées alimentaires mettent à la disposition des consommateurs, tout au long de l'année, une information claire et lisible relative à la saisonnalité des fruits et légumes frais qu'ils proposent à la vente. L'affichage de cette information peut être effectué par voie électronique. Les modalités d'application du présent article sont fixées par voie réglementaire, notamment pour les fruits et légumes produits sous serre, en tenant compte de l'origine des produits.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation
📋 Décision - PREMIERE CHAMBRE - 04/12/2025
La société GREEN PROTECT ENERGIE a-t-elle manqué à son obligation précontractuelle d'information envers Monsieur [P] [Y] ? — Le manquement à l'obligation précontractuelle d'information engage la responsabilité du cocontractant. En cas de non-respect de cette obligation, le contractant peut demander l'annulation du contrat et des dommages-intérêts.
📋 Décision - Chambre civil 2 - 13/01/2026
Quelles sont les conséquences d'un défaut d'information précontractuelle dans un contrat de prestation de services ? — Le défaut d'information précontractuelle peut entraîner une responsabilité du prestataire de services, justifiant des dommages-intérêts en faveur du consommateur. L'absence de devis, bien que non sanctionnée par la nullité du contrat, peut générer des litiges et des compensations financières.
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