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Délai de licenciement après inaptitude médicale Droit du travail Licenciement

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La médecine du travail m’a déclaré inapte à mon poste le 04/06. Mon employeur m’a envoyé un mail le 01/07 contenant le courrier en recommandé que j’allais recevoir quelque jours plus tard (le 07/07). Ce courrier c’est juste la décision de non reclassement validé par le CSE. Puis hier, soit le 07/07, j’ai reçu un mail avec en PJ le courrier sous format PDF que je vais recevoir en recommandé m’informant de la date de l’entretien préalable au licenciement pour inaptitude d’ordre professionnel. J’avais pourtant compris que mon employeur avait 1 mois pour me licencier mais à ce jour, ce n’est toujours pas le cas. Et le mail contenant le PDF est daté du 07/07. Ils sont bien hors délai?
D'un point de vue strictement juridique, votre employeur n'est pas "hors délai" pour vous licencier, mais il a dépassé le délai d'un mois pour **reprendre le versement de votre salaire**. Voici l'analyse stratégique de votre situation au regard du droit du travail français. ### 1. La règle du mois : salaire vs rupture Contrairement à une idée reçue, l'employeur n'a pas l'obligation de notifier le licenciement dans le mois qui suit l'avis d'inaptitude. En revanche, [l'article L1226-4 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-4%20du%20Code%20du%20travail) est très clair : * **Le délai :** L'employeur dispose d'un mois à compter de l'examen médical (soit jusqu'au **04/07** dans votre cas) pour soit vous reclasser, soit vous licencier. * **La sanction du dépassement :** Si au bout d'un mois vous n'êtes ni reclassé ni licencié, l'employeur **doit reprendre le versement de votre salaire** correspondant à l'emploi que vous occupiez avant la suspension de votre contrat. **Analyse de votre calendrier :** Votre avis d'inaptitude date du 04/06. Le délai d'un mois a expiré le 04/07 à minuit. Puisque vous avez reçu la convocation à l'entretien préalable le 07/07, la procédure est toujours en cours. Votre employeur doit donc vous payer l'intégralité de votre salaire pour la période allant du **05/07 jusqu'à la date de notification effective de votre licenciement**. ### 2. Anticipation de la défense de l'employeur L'employeur pourrait tenter d'arguer que les délais postaux ou les échanges avec le CSE justifient ce retard. **Cet argument est inopérant.** La jurisprudence, confirmée par la [Cour d'appel, chambre sociale 4-3, 07/04/2025](/decisions/67f4ad9a76ec6bab6dfbab19), rappelle que l'obligation de reprise du salaire est automatique et qu'aucune circonstance (même une recherche active de reclassement) ne permet d'y déroger une fois le délai d'un mois expiré. ### 3. La charge de la preuve et points de vigilance Pour sécuriser votre situation, vérifiez les points suivants : * **Le bulletin de paie de juillet :** Assurez-vous que les jours à partir du 5 juillet sont payés comme du temps de travail effectif et non comme des congés payés ou une absence non rémunérée. * **L'ordre professionnel :** Vous mentionnez une inaptitude d'ordre "professionnel" (accident du travail ou maladie pro). Cela implique des indemnités de rupture doublées ([Article L1226-14 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-14%20du%20Code%20du%20travail)). L'employeur pourrait tenter de requalifier cela en inaptitude "non-professionnelle" pour réduire les coûts. Conservez bien la preuve du lien avec votre travail. ### 4. Risques et Stratégie * **Risque de procédure :** Le licenciement lui-même ne sera pas annulé à cause de ce retard de 3 jours. Le juge ne considère pas que le licenciement devient "sans cause réelle et sérieuse" uniquement parce que le délai d'un mois est dépassé. La sanction est purement financière (paiement du salaire intercalaire). * **Action immédiate :** Lors de l'entretien préalable, vous n'avez pas l'obligation de signaler à l'employeur qu'il doit vous payer. Attendez de recevoir votre bulletin de paie de juillet. S'il manque ces jours, vous pourrez alors envoyer une mise en demeure. ### Stratégie recommandée : 1. **Assistez à l'entretien préalable** (faites-vous assister par un représentant du personnel ou un conseiller du salarié). 2. **Vérifiez le motif de l'impossibilité de reclassement** : comme l'indique la [Cour d'appel, chambre 4-1, 09/01/2026](/decisions/69623cb5cdc6046d47d5eb3d), l'employeur doit justifier précisément pourquoi aucun autre poste n'est disponible, même si le médecin a mis une mention de dispense. 3. **Réclamez le salaire dû** si le bulletin de juillet ne mentionne pas la reprise de paiement au 05/07. Souhaitez-vous que je rédige pour vous un modèle de lettre de mise en demeure pour réclamer la reprise de votre salaire si celle-ci n'apparaît pas sur votre prochaine fiche de paie ?
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L1226-4 du Code du travail

Lorsque, à l'issue d'un délai d'un mois à compter de la date de l'examen médical de reprise du travail, le salarié déclaré inapte n'est pas reclassé dans l'entreprise ou s'il n'est pas licencié, l'employeur lui verse, dès l'expiration de ce délai, le salaire correspondant à l'emploi que celui-ci occupait avant la suspension de son contrat de travail. Ces dispositions s'appliquent également en cas d'inaptitude à tout emploi dans l'entreprise constatée par le médecin du travail. En cas de licenciement, le préavis n'est pas exécuté et le contrat de travail est rompu à la date de notification du licenciement. Le préavis est néanmoins pris en compte pour le calcul de l'indemnité mentionnée à l'article L. 1234-9 . Par dérogation à l'article L. 1234-5 , l'inexécution du préavis ne donne pas lieu au versement d'une indemnité compensatrice.

📄 Article L1226-12 du Code du travail

Lorsque l'employeur est dans l'impossibilité de proposer un autre emploi au salarié, il lui fait connaître par écrit les motifs qui s'opposent au reclassement. L'employeur ne peut rompre le contrat de travail que s'il justifie soit de son impossibilité de proposer un emploi dans les conditions prévues à l'article L. 1226-10 , soit du refus par le salarié de l'emploi proposé dans ces conditions, soit de la mention expresse dans l'avis du médecin du travail que tout maintien du salarié dans l'emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans l'emploi. L'obligation de reclassement est réputée satisfaite lorsque l'employeur a proposé un emploi, dans les conditions prévues à l'article L. 1226-10, en prenant en compte l'avis et les indications du médecin du travail. S'il prononce le licenciement, l'employeur respecte la procédure applicable au licenciement pour motif personnel prévue au chapitre II du titre III.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Décision - Chambre 4-1 - 09/01/2026

Le licenciement pour inaptitude médicale est-il justifié en l'absence de reclassement ? — Le licenciement pour inaptitude médicale doit être justifié par l'impossibilité de reclassement dans un autre poste. En cas de licenciement irrégulier, le salarié peut obtenir des dommages-intérêts.

📋 Décision - Chambre sociale 4-3 - 07/04/2025

Le licenciement pour inaptitude médicale est-il justifié en l'absence de reclassement ? — Le licenciement pour inaptitude médicale est justifié lorsque le salarié est déclaré inapte à tout poste par le médecin du travail et qu'il n'existe aucune possibilité de reclassement. La dispense de recherche de reclassement peut être accordée si l'inaptitude est définitive.
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Faut-il que j’attende mon bulletin de salaire de juillet pour vérifier s’il a repris le paiement de mon salaire ou je peux d’ores et déjà leur faire un rappel par mail qu’ils ont dépassé le délai d’un mois? Parce que les salaires sont calculés en N-1
Compte tenu de votre précision sur le calcul des salaires en "N-1" (décalage de paie), la stratégie change légèrement. Si votre employeur arrête les variables de paie en fin de mois précédent pour le paiement du mois suivant, le rappel immédiat est plus pertinent pour éviter un retard de paiement prolongé. ### 1. L'opportunité du rappel immédiat En théorie, vous pouvez attendre le bulletin de paie. Cependant, si vous ne dites rien, l'employeur risque de considérer cette période (du 05/07 à la date de rupture) comme une "absence non rémunérée", ce qui est illégal. Le fait de faire un rappel par mail dès maintenant présente deux avantages stratégiques : * **Éviter le préjudice financier :** Cela oblige le service RH à intégrer la reprise du salaire dans le cycle de paie actuel plutôt que de devoir régulariser le mois suivant. * **Marquer votre vigilance :** Cela montre à votre employeur que vous connaissez vos droits ([Article L1226-4 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-4%20du%20Code%20du%20travail)), ce qui peut l'inciter à être plus rigoureux sur le calcul de vos indemnités de rupture (indemnités doublées au titre de l'inaptitude professionnelle). ### 2. Le risque de "braquer" l'employeur Le seul risque est d'ordre relationnel avant l'entretien préalable. Toutefois, s'agissant d'une obligation d'ordre public, l'employeur ne peut pas vous reprocher de réclamer votre dû. La jurisprudence est constante : l'obligation de reprise du salaire est automatique, peu importe que la procédure de licenciement soit longue ou complexe. ### 3. La preuve et le calcul Préparez vos éléments pour le calcul : * **Point de départ :** 05/07/2026 (le délai d'un mois ayant expiré le 04/07 à minuit). * **Montant :** Il doit s'agir du salaire brut habituel, incluant les primes contractuelles, comme si vous aviez travaillé. ### Stratégie recommandée Je vous conseille d'envoyer un mail court et factuel dès maintenant. Cela permet de rectifier le tir avant que la paie de juillet ne soit définitivement clôturée. **Voici une proposition de formulation pour votre mail :** > "Madame, Monsieur, > > Suite à la réception de ma convocation à l'entretien préalable en date du 07/07/2026, je me permets de vous rappeler que le délai d'un mois suivant mon avis d'inaptitude du 04/06/2026 a expiré le 04/07/2026. > > Conformément aux dispositions de [l'article L1226-4 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article%20L1226-4%20du%20Code%20du%20travail), je vous remercie de bien vouloir procéder à la reprise du versement de mon salaire à compter du 05/07/2026, et ce jusqu'à la notification de la rupture de mon contrat. > > Je reste à votre disposition pour l'entretien fixé au [Date de l'entretien]." **Le coup d'après :** Si l'employeur refuse ou ne répond pas, vous n'aurez pas besoin de saisir le Conseil de Prud'hommes au fond (procédure longue). Vous pourrez agir en **Référé** (procédure rapide) pour obtenir une provision sur les salaires non payés, car l'obligation est ici "non sérieusement contestable". Souhaitez-vous que je vérifie également avec vous les éléments qui devront figurer dans votre solde de tout compte (indemnité spéciale de licenciement, préavis, etc.) pour vous assurer de ne rien oublier ?
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L3242-1 du Code du travail

La rémunération des salariés est mensuelle et indépendante, pour un horaire de travail effectif déterminé, du nombre de jours travaillés dans le mois. Le paiement mensuel neutralise les conséquences de la répartition inégale des jours entre les douze mois de l'année. Pour un horaire équivalent à la durée légale hebdomadaire, la rémunération mensuelle due au salarié se calcule en multipliant la rémunération horaire par les 52/12 de la durée légale hebdomadaire. Le paiement de la rémunération est effectué une fois par mois. Un acompte correspondant, pour une quinzaine, à la moitié de la rémunération mensuelle, est versé au salarié qui en fait la demande. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux salariés travaillant à domicile, aux salariés saisonniers, aux salariés intermittents et aux salariés temporaires.

📄 Article L3241-1 du Code du travail

Sous réserve des dispositions législatives imposant le paiement des salaires sous une forme déterminée, le salaire est payé en espèces ou par chèque barré ou par virement à un compte bancaire ou postal dont le salarié est le titulaire ou le cotitulaire. Le salarié ne peut désigner un tiers pour recevoir son salaire. Toute stipulation contraire est nulle. En dessous d'un montant mensuel déterminé par décret, le salaire est payé en espèces au salarié qui le demande. Au-delà d'un montant mensuel déterminé par décret, le salaire est payé par chèque barré ou par virement à un compte bancaire ou postal dont le salarié est le titulaire ou le cotitulaire.
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